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Infographie le budget santé des français

Un budget déclaré en baisse, mais un sentiment d’augmentation des dépenses : un paradoxe qui masque des évolutions positives
 

  • L’évolution du budget santé reste difficile et complexe à appréhender pour les Français. D’un côté, ce budget est toujours ressenti comme étant trop élevé : près de la moitié des Français (41%) continue d’exprimer le sentiment qu’il augmente.

  • D’un autre côté, les Français déclarent un budget santé restant à leur charge qui aurait plutôt diminué : 529 € en moyenne. Cela constitue une baisse de 29 € par rapport à 2019, soit une évolution de -5%.

  • Ce paradoxe, entre sentiment d’augmentation et budget déclaré en baisse, peut notamment s’expliquer par une double tendance amorcée au cours des dernières années et décrite par la Dress (la Direction des recherches, des études, de l’évaluation et des statistiques, appartenant au ministère de la Santé) dans son rapport sur les dépenses de santé en 2018 (1). Au global, les dépenses de santé sont toujours en hausse, bien qu’elles progressent de moins en moins vite : +1,5 % en 2018, contre +1,7 % en 2017. Cette dynamique joue en faveur d’ un sentiment d’augmentation. Mais dans le même temps, la part restant à la charge des ménages continue de reculer pour s’établir à 7,0% en 2018, après s’être élevée à 7,5 % en 2017. Selon la Drees, la forte hausse des prises en charge à 100% au titre des affections de longues durées (ALD) est un des éléments ayant entraîné cette baisse du reste à charge. Concrètement les Français sont amenés à moins payer de leur poche pour leurs dépenses de santé, ce qui permet d’ expliquer, dans notre baromètre, un budget déclaré en baisse. Par ailleurs, le principe du reste à charge zéro, voté en 2018 et dont l’instauration doit s’étaler sur 2019, 2020, 2021, devrait d’autant plus amener les Français à déclarer un budget santé en baisse.
     
    • Logiquement, certaines populations, comme les personnes âgées de 65 ans et plus dépensent davantage que leurs cadets (923 € en moyenne), néanmoins leur budget - à l’image de l’ensemble des Français, connait une baisse (-4%).
       
    • A l’inverse, les Franciliens, plus familiers des dépassements d’honoraires, comptent parmi les rares populations avec une hausse de budget (+22%).


Le renoncement aux soins et le recours aux solutions de contournement sont désormais plus rares
 

  • Avec un reste à charge allégé, les Français sont moins contraints de dépenser des sommes importantes pour se soigner. En résulte moins d’un Français sur deux qui déclare désormais avoir renoncé à au moins une de ses dépenses de santé (48%, -8 points depuis 2019). Ce chiffre est le plus bas jamais enregistré depuis le début de ce baromètre : ayant atteint 62% en 2016, il n’a cessé de décroître depuis, conséquence concrète d’un reste à charge en baisse.

  • Dans le détail, l’optique et le dentaire, qui constituent toujours les postes de dépenses de santé les plus importants pour les Français, concentrent toujours le plus de sacrifices : un Français sur trois a déjà renoncé ou remis à plus tard l’achat de lunettes, de lentilles ou de prothèses dentaires et auditives (36%) et un sur quatre en a fait autant pour une consultation chez le dentiste (25%). Signe d’une plus grande liberté financière en matière de santé, le renoncement à ces deux types de dépenses recule dans chacun des deux cas de 8 points.

  • De la même manière, le report ou le renoncement à des consultations médicales chez un spécialiste (26%) ou chez son généraliste (11%), sont en recul de respectivement 7 et 5 points. Les Français semblent fidèles à leurs médecins, et la perspective d’opter pour un médecin aux honoraires moins élevés (14%, stable) reste marginale, tout comme celle de consulter à l’hôpital plutôt qu’en cabinet (16%, -2 points).

  • Dans ce contexte plutôt favorable, la solution d’aller se faire soigner à l’étranger pour des raisons financières reste peu pratiquée par les Français : 13% déclarent avoir préféré se faire soigner ou acheter des médicaments ailleurs qu’en France (-3 points depuis 2019).

  • Au final, seules deux pratiques ayant vocation à réduire les dépenses de santé ont été adoptées par une majorité de Français, bien qu’en baisse continue depuis 2012 : l’achat de médicaments génériques (53%, -5 points et -24 points depuis 2012) et la prévention, en faisant attention à protéger sa santé (52%, -5 points et -13 points en huit ans). Si faire attention à sa santé semble aller de soi, le recours systématique aux génériques n’est a priori pas naturel, en revanche les multiples campagnes de santé publique menées par l’ANSM ont pu massivement jouer en leur faveur.

 

La mutuelle, une variable d’ajustement qui exacerbe les différences entre populations aisées et vulnérables
 

  • La mutuelle demeure également un sujet central en matière de dépenses de santé des Français. Si elle est imposée pour 28% des Français par leur employeur (soit 49% des actifs), la mutuelle peut avoir été choisie scrupuleusement et s’avérer être une réelle variable d’ajustement pour ceux cherchant à réaliser des économies.

  • Le contrôle de sa mutuelle, bien qu’étant aussi une solution pour limiter son budget santé de moins en moins courante, est évoqué de deux manières différentes : un Français sur quatre déclare avoir opté pour une mutuelle qui rembourse mieux (24%, -3 points en un an mais -13 points en huit ans) et un sur cinq pour une mutuelle qui coûte moins cher (19%, -5 points par rapport à 2019). Le contrôle radical, en renonçant complètement à sa mutuelle pendant un temps a déjà concerné 11% des Français, mais surtout 20% des jeunes âgés de moins de 35 ans. 26% des Français dont le foyer gagne moins de 1000 € par mois reconnaissent également avoir mis de côté un temps leur mutuelle, contre 7% des personnes dont le revenu mensuel du foyer est égal ou supérieur à 3500 €HT.

  • Dans le cas précis où il leur fallait financer un soin de santé, 18% des Français déclarent avoir déjà changé de mutuelle et autant avoir souscris à une mutuelle complémentaire. Des chiffres qui évoluent peu par rapport à l’an dernier, mais surtout qui illustrent la différence de situations entre les plus aisés et les plus précaires : les Français aux revenus les plus faibles ont été deux fois plus nombreux à être concernés par ces besoins d’ajustement de mutuelle (25% ont dû changer et 24% prendre une complémentaire) que ceux ayant les revenus les plus importants (respectivement 12% et 14% de personnes concernées). Les plus précaires sont aussi ceux qui ont dû le plus souvent contracté un crédit (17% contre 5%) pour financer un soin de santé.

  • Dans le détail, les soins dentaires sont systématiquement le premier type de soins ayant nécessité des ajustements de mutuelle ou la contraction d’un crédit. Néanmoins, on observe que le changement de mutuelle (34%, -1 point) ou la complémentaire (31%, -5 points) semblent être devenus des solutions moins privilégiées pour financer des soins dentaires que la contraction d’un crédit (57%, +6 points).
     

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements : 

  • Conséquence d’une situation leur étant plus favorable, le budget santé des Français connait cette année une baisse. Cette évolution positive leur permet ainsi de renoncer de moins en moins aux soins et aux consultations médicales et surtout d’éviter les solutions low cost que peut proposer l’étranger.
  • La réforme « du reste à charge zéro 100% santé » mis progressivement en place depuis l’an dernier et jusqu’en 2021 accentue cette dynamique positive et devrait être d’autant plus bénéfique aux Français dans les années à venir.
  • Néanmoins la santé représente toujours un coût non négligeable. L’optique et les soins dentaires demeurent les postes de santé les plus coûteux pour les Français, à l’origine de contraction de crédit, de changement de mutuelle ou encore de souscription à des mutuelles complémentaires.
  • Aujourd’hui le rapport des Français aux mutuelles fait état d’inégalités réelles entre les Français, les moins favorisés ayant été plus du quart à y avoir déjà renoncé temporairement.


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