Eco-rénovation : entre contrainte économique et calcul budgétaire

10 mars 2026

rénovation énergétique

Sofinscope est le baromètre de Sofinco, spécialiste du crédit à la consommation en France. Destiné à sonder les Français sur leurs habitudes de consommation et à mieux les comprendre, ce baromètre qui s’inscrit dans le quotidien des Français est réalisé par l’institut d’études de référence, OpinionWay, reconnu pour son expertise et sa rigueur méthodologique.

L’étude « Les Français et le budget éco-rénovation » réalisée pour Sofinco, est destinée à comprendre et analyser les dépenses liées à l’éco-rénovation.

Un budget énergie durablement installé dans les arbitrages

  • En 2026, les Français consacrent en moyenne 274 € par mois à l’énergie de leur logement, soit +2 € par rapport à 2025. Si la hausse paraît modérée cette année, elle s’inscrit dans une progression spectaculaire depuis 2021 (+99%). L’énergie est désormais un poste de dépense structurant, pleinement intégré aux arbitrages du quotidien.
  • Cette centralité se traduit aussi par une appropriation des repères énergétiques : 56% déclarent connaître la classe énergétique (DPE) de leur logement, même si seuls 34% en maîtrisent précisément la lettre.
  • Dans ce contexte, l’éco-rénovation s’impose comme une réponse pragmatique à la pression budgétaire. 77% des Français citent la réduction de la facture comme première motivation pour engager des travaux, devant l’amélioration du confort thermique (71%). La transition énergétique est ainsi abordée prioritairement sous l’angle du gain mesurable et du pouvoir d’achat.
  • Par ailleurs, au-delà du coût, la lisibilité du parcours conditionne également le passage à l’acte : 65% estiment qu’un accompagnement global – intégrant à la fois la réalisation des travaux et leur financement – faciliterait leur décision.

Une exigence forte de rentabilité… et rapide

  • L’éco-rénovation est perçue comme un investissement, et donc soumise à une logique de retour. 81% des Français jugent important de connaître le délai de rentabilisation avant de se lancer. Dans le détail, 65% estiment acceptable un retour sur investissement en moins de 10 ans, dont 38% en moins de 5 ans. Cette attente d’une rentabilité rapide traduit une approche rationnelle : dans un contexte de contraintes budgétaires persistantes, l’effort financier doit produire des effets visibles à court ou moyen terme.
  • Pour autant, la capacité d’action reste limitée. 53% déclarent vouloir réaliser des travaux mais ne pas en avoir les moyens (+6 pts vs 2025). Parallèlement, seuls 32% jugent les aides actuelles suffisantes pour envisager de financer des travaux (-2 pts). L’écart entre besoin identifié (pour 46%, des travaux sont nécessaires dans leur logement) et solvabilité demeure un frein central.

Fractionner, étaler, arbitrer : le financement comme condition d’action

  • Les montants envisagés illustrent cette prudence : 2 954 € en moyenne pour des travaux ciblés, contre 5 569 € pour une rénovation globale. L’écart souligne le saut financier que représente une approche complète.
  • Dans les faits, les projets les plus fréquemment envisagés ou réalisés concernent des gestes identifiés et circonscrits, comme le double vitrage (36%), l’isolation des combles (31%) ou le changement d’équipements de chauffage (26%) ou de chaudière (26%). L’éco-rénovation progresse donc par étapes, au rythme des capacités financières.
  • Dans cette dynamique, les solutions de financement jouent un rôle structurant qui permettent de lisser l’effort plutôt que de le supprimer. Les aides publiques restent le premier levier cité (47%, -3 pts), mais 40% envisagent un recours au crédit (-2 pts), via des prêts à taux réduit (24%), des prêts personnels (20%) ou d’autres facilités de paiement. L’enjeu n’est plus l’adhésion au principe de la rénovation énergétique, mais les conditions économiques concrètes de sa mise en œuvre.

Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 090 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview : Entrevue Web assistée par ordinateur). Les interviews ont été réalisées du 11 au 12 février 2026. OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252, garantissant la qualité et la fiabilité des résultats obtenus.

Toute publication totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète suivante : « Sondage OpinionWay pour Sofinco » et aucune reprise de l’enquête ne pourra être dissociée de cet intitulé.

Retrouvez l'étude complète en cliquant ICI.

Découvrez d'autres actualités

Les Français et le budget ameublement. Quelles solutions et nouveaux usages pour meubler son intérieur ?

L’étude « Les Français et le budget ameublement » réalisée pour Sofinco, est destinée à comprendre et analyser les dépenses liées à l’ameublement.

habitat

Être artisan RGE en 2025 : ce que révèle l’étude Sofinscope sur la rénovation énergétique

L’étude « Être artisan RGE, comment accompagner ses clients après la refonte de MaPrimeRénov’ ? » réalisée pour Sofinco, est une étude destinée à comprendre et analyser les enjeux financiers auxquels font face les artisans lorsqu’ils sont sollicités pour des travaux de rénovation énergétique.

habitat

Les Français et l'éco-rénovation. Le budget énergie : à la fois levier et frein à l’éco- rénovation ?

L’étude « Les Français et le budget éco-rénovation » réalisée pour Sofinco, est destinée à comprendre et analyser le positionnement des Français à l’égard de l’éco-rénovation des logements.

habitat