Infographie sur les français et leur budget éco-rénovation

A. L’énergie dans le logement, une charge financière importante pour les Français
 

  • Sept Français sur dix considèrent que les dépenses énergétiques pèsent lourd dans leur budget (70%) et un quart d’entre eux estime que cette affirmation leur correspond très bien (26%). Au-delà de la charge financière, les dépenses énergétiques du logement représentent également une charge mentale : 61% des Français avouent appréhender les factures de chauffage et d’électricité (un sentiment qui correspond très bien à 23% d’entre eux).
    • Le poids des dépenses énergétiques est largement perçu au sein de toutes les catégories de la population. Les femmes le soulignent davantage (74%), de même que les personnes qui résident en maison (75%).
    • Les femmes sont également plus inquiètes à l’approche du moment fatidique de la facture (67%), de même que les Français les plus jeunes (66% pour les moins de 35 ans) et ceux qui ont les revenus les plus faibles (67% pour ceux dont le revenu mensuel du foyer est inférieur à 2000€).
       
  • Ces craintes sont confirmées lorsqu’ils reçoivent leur facture d’énergie tous les mois. Cette année, les Français évaluent leur budget mensuel lié à l’énergie dans leur logement à 199€. Alors que les confinements lors de l’année 2020 avaient peu impacté le budget énergie, le montant dépensé progresse fortement cette année, de 61€. En cause tout d’abord, l’augmentation des prix de l’énergie : selon l’INSEE, les prix à la consommation du gaz et de l’électricité ont augmenté entre décembre 2020 et octobre 2021 de respectivement 41% et 3%(1) . Le développement du télétravail, qui pour de nombreux salariés n’est plus une exception mais fait désormais partie de l’organisation du travail, vient également éclairer cette augmentation. En effet, l’enquête menée sur le budget télétravail en juillet 2021 révèle que plus de la moitié des télétravailleurs ont vu leur facture d’électricité/de gaz (59%) ou de chauffage (50%) augmenter depuis le début de la crise sanitaire(2).
    • Le budget énergie est particulièrement élevé auprès des Français qui habitent en maison (223€, +63€), ou dans de grands logements (150m² ou plus : 336€, +122€). Le montant à payer est également plus important auprès de ceux qui sont principalement alimentés en gaz naturel (214€, +48€).
  • En conséquence, les Français aimeraient réduire les dépenses énergétiques de leur logement actuel (84%, 35% correspond très bien) et seront très attentifs à la consommation énergétique de leur nouveau logement s’ils devaient en changer (90%, 44% tout à fait).
  • Pour ce faire, les Français ont déjà réalisé certains travaux dans leur logement, les travaux d’isolation étant les plus répandus. Le recours au double vitrage domine (61% des Français l’ont réalisé chez eux, +3 points), suivi par l’isolation des combles (39%, -1 point) et des toits et des murs (33%, -2 points). Signe de leurs préoccupations énergétiques, la part de Français qui ont l’intention de réaliser des travaux propices à l’économie d’énergie progresse sur tous les types de travaux. L’intérêt pour des travaux d’isolation augmente notamment, qu’il s’agisse de l’isolation des toits et des murs (22%, +7 points) ou des combles (18%, +5 points). Par ailleurs, 20% des Français ont l’intention de changer leurs appareils de chauffage (+8 points). Au-delà de l’économie d’énergie, les Français pensent également à l’environnement : 19% ont l’intention de changer de type d’énergie au profit d’une énergie renouvelable (+6 points).

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B. L’éco-rénovation, des atouts pour diminuer les factures et améliorer le confort …

 

  • Un peu plus d’un Français sur deux a déjà entendu parler de l’éco-rénovation (57%). Et les Français identifient bien les avantages de ce type de travaux. La qualité de vie qu’apportent ces travaux ne fait aucun doute : pour 92%, ils permettent d’améliorer le confort des habitants d’un logement. Un confort dont les Français auraient bien besoin. 45% reconnaissent en effet qu’il leur arrive d’avoir froid dans leur logement et un tiers ont pris conscience avec la crise sanitaire et le télétravail que leur logement était mal chauffé ou mal isolé (37%).
    • L’éco-rénovation est plus connue par les Français dont les revenus sont les plus élevés (65%), par ceux qui sont propriétaires de leur résidence principale – et qui s’intéressent probablement davantage aux sujets liés aux travaux (63%). A l’inverse, les locataires sont moins au fait de ce type de rénovation (46%).
    • Les Français aux revenus les plus faibles semblent davantage souffrir du froid dans leur logement (54% de ceux dont le foyer gagne moins de 2000€ par mois), peut-être parce que la volonté de réduire les factures les incite à faire des sacrifices sur le chauffage.
  • Les travaux d’éco-rénovation sont également une réponse à leur souhait de réduire leur consommation d’énergie. 81% estiment qu’ils réduisent considérablement le budget dédié aux dépenses énergétiques. Il s’agit d’ailleurs de la principale raison qui les pousserait à réaliser ce type de travaux dans leur logement : près de neuf Français sur dix reconnaissent que s’ils engageaient des travaux d’éco-rénovation ce serait avant tout pour réduire leur consommation d’énergie (87%, 38% tout à fait). Au-delà du gain financier lié à la réduction de la consommation d’énergie, les travaux d’éco-rénovation peuvent également être bénéfiques pour le porte-monnaie des Français sur le long terme. 85% sont convaincus que les travaux d’éco-rénovation permettent aux logements de prendre de la valeur (29% tout à fait).
    • Ces bénéfices sont davantage perçus par ceux qui connaissent l’éco-rénovation. Pour 85% d’entre eux, les travaux d’éco-rénovation réduisent considérablement le budget dédié aux dépenses énergétiques.

 

Les Français sont également conscients des bénéfices sociétaux liés aux travaux d’éco-rénovation. 82% affirment ainsi qu’ils ont un impact positif réel sur l’environnement.

Pour réaliser ce type de travaux dans leur logement, les Français seraient prêts à dépenser en moyenne 3855€. Ce budget proviendrait avant tout d’un crédit (43%), à taux réduit (25%) ou classique (18%), ou d’un financement comptant (30%). En complément, près d’un Français sur deux utiliserait des aides gouvernementales du type « MaPrimeRénov’ » (48%), qui peuvent avoir un effet incitatif sur la réalisation de ce type de travaux.

 

C.… mais un projet qui effraie encore les Français
 

  • Les Français sont partagés en ce qui concerne la rénovation de leur logement en général. Environ un sur deux a envie de réaliser des travaux de rénovation dans leur logement (53%) tandis qu’ils sont autant à être effrayés par cette idée (47%). En revanche, en ce qui concerne l’éco-rénovation la crainte domine : un Français sur deux estime que des travaux d’éco-rénovation sont nécessaires dans son logement (50%) mais près des deux tiers d’entre eux considèrent que ces travaux sont trop ambitieux (62%) et compliqués (67%).
  • Ces craintes sont nourries par une méconnaissance de ce type de travaux. Si une majorité d’entre eux en ont déjà entendu parler, seuls 19% sont capables d’expliquer ce dont il s’agit. Dans le détail, trois Français sur dix connaissent les types de matériaux durables que l’on peut utiliser dans une éco-rénovation (36%), les artisans ou les entreprises qui pratiquent ce genre de travaux (29%) ou encore se sentent suffisamment informés sur les aides dont ils pourraient bénéficier (29%).
  • Par ailleurs, même si les Français voient les avantages financiers des travaux d’éco-rénovation, ils redoutent les sommes à dépenser pour les réaliser. 91% estiment ainsi que ces travaux sont chers. 69% considèrent de plus que les travaux d’éco-rénovation sont longs alors que leur besoin de réduction de la consommation énergétique se fait de plus en plus pressant : 65% déclarent en effet que depuis la crise sanitaire, réduire leurs dépenses énergétiques est encore plus important pour eux.
    • La connaissance de l’éco-rénovation n’efface pas ces freins liés au coût et à la durée des travaux. Parmi ceux qui sont capables d’expliquer de quoi il s’agit, 89% considèrent que ces travaux sont chers et 62% qu’ils sont longs.
  • Enfin, près de la moitié d’entre eux sont convaincus que les travaux d’éco-rénovation sont possibles uniquement lorsqu’on habite en maison (52%), alors qu’un tiers des Français interrogés habitent en appartement (35%).
    • Cette idée reçue persiste même auprès de ceux qui connaissent l’éco-rénovation. 46% de ceux qui sont capables d’expliquer de quoi il s’agit pensent que ces travaux ne sont pas possibles en appartement.

 

En conclusion, cette édition du Sofinscope a fait émerger plusieurs grands enseignements :

  • Le budget énergie dans le logement est une charge encore plus importante cette année pour les Français. En cause, une vie quotidienne post-crise sanitaire qui implique plus de présence au domicile mais aussi une augmentation réelle des prix de l’énergie.
  • Réduire les dépenses énergétiques est donc une nécessité pour les Français. Ils ont pour cela déjà réalisé différents travaux en particulier liés à l’isolation (thermique mais probablement aussi sonore…) et au mode de chauffage.
  • L’éco-rénovation est un type de rénovation connu d’une majorité de Français mais dont la connaissance précise doit encore progresser. Ses avantages sont bien identifiés : gain en confort, réduction des dépenses énergétiques, impact positif sur l’environnement. Cette solution de rénovation semble ainsi répondre aux attentes des Français.
  • Néanmoins des freins importants persistent, même auprès de ceux qui pourtant connaissent mieux ce type de travaux. La question du tarif est importante : si les Français identifient les gains potentiels à long terme en termes de valeur du logement et de consommation énergétique, la somme à débourser pour la réalisation de ces travaux les inquiète. Par ailleurs, le temps nécessaire à la réalisation de ces travaux et leur complexité perçue peuvent également générer de la réticence. Se pose ainsi la question de l’accessibilité de ce type de travaux pour le plus grand nombre : les aides gouvernementales et la possibilité de les financer grâce à un crédit sont de potentiels leviers.

 

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