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Infographie budget confinement des français

A. Les dépenses des Français en baisse depuis le début du confinement…
 

  • Avec le confinement, les habitudes de consommation des Français ont été perturbées. Concrètement, près de six Français sur dix estiment qu’au sein de leur foyer, il y a eu moins de dépenses qu’habituellement depuis le début du confinement (58%). Pour deux Français sur dix, leur foyer a même fait beaucoup moins de dépenses qu’à l’accoutumée (19%). Cette tendance, qui résulte en partie de la restriction des déplacements et de la fermeture de la plupart des lieux de consommation, doit également être mise en lien avec la perte de revenus enregistrées par des nombreux foyers. 37% des Français estiment que les rentrées d’argent de leur foyer ont diminué pendant le confinement, un chiffre qui pourrait encore être amené à progresser puisque, selon la Ministre du Travail, le nombre de salariés en chômage partiel est passé de 8 millions à 9,6 millions sur la seule période du 11 au 21 avril.
     
    • Parmi les personnes dont le foyer a un revenu mensuel d’au moins 3500 €, 70% estiment que les dépenses de leurs foyers ont baissé. Ce n’est en revanche le cas que de 42% des personnes dont le foyer a des revenus inférieurs à 1000 €, pour lesquels il est nécessairement plus difficile de rogner encore un peu plus sur les dépenses. Il faut d’ailleurs souligner que certaines dépenses incompressibles ont pu augmenter pour les ménages les moins aisés avec par exemple la fermeture des cantines scolaires, lesquelles proposent des tarifs avantageux aux familles le plus modestes, et les pénuries ponctuelles de certains produits de marques distributeurs contraignant à l’achat de substituts plus onéreux.
       
    • La moitié des actifs a enregistré une baisse de revenus dans son foyer (49% contre 22% des inactifs). Les baisses de revenus touchent surtout les catégories socioprofessionnelles défavorisées (54%), et tout particulièrement les ouvriers (57%). Les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées sont moins touchées (44%), les cadres et professions intellectuelles supérieures étant les plus épargnés (37%).
       
    • Pour l’heure, la crise a donc joué un rôle double dans le renforcement des inégalités. Les Français les moins aisés sont ceux qui ont le plus subi de pertes de revenus (46% des Français dont le foyer a des revenus mensuels inférieurs à 1000 € contre 33% de ceux dont le foyer a des revenus mensuels au moins égal à 3500 €) et qui sont le moins parvenus à compresser leurs dépenses (pour rappel : 42% contre 70%).
       

B. …Une tendance qui pourrait se pérenniser
 

  • Cette tendance à consommer moins pourrait très bien se pérenniser. En effet, si la moitié des Français prévoit de reprendre ses habitudes de consommation à la fin du confinement (50%), 46% projettent de consommer moins qu’avant et seuls 2% prévoient de dépenser plus. Ainsi, si les Français mettent réellement leurs plans en application, le rattrapage de la consommation ne pourra être espéré et seule une reprise très partielle pourra être entrevue une fois le déconfinement enclenché.
     
    • Les personnes pour qui les rentrées d’argent ont diminué pendant le confinement sont plus enclines à déclarer qu’elles vont consommer moins que d’habitude après le confinement (57% contre 42% parmi celles dont les revenus sont restés stables et 26% parmi celles dont les revenus ont augmenté).
       
    • A noter que la volonté de consommer moins qu’avant s’étend à toutes les classes d’âges et se retrouve aussi bien chez les plus aisés que les moins aisés. Dans le détail, cette volonté s’exprime chez 43% des personnes âgées de 18 à 24 ans et chez 45% des personnes âgées de 65 ans et plus ; elle se retrouve chez 48% de ceux dont les revenus mensuels du foyer sont inférieurs à 1000 € et chez 44% de ceux dont les revenus mensuels su foyer atteignent au moins 3500 €.
       
  • Plus de trois quarts des Français avaient des projets d’achats qu’ils ont reporté en raison de l’épidémie de Covid-19 (76%). Les principales dépenses concernées sont les dépenses de loisir comme les vacances et sorties culturelles, (60% des Français avaient prévu des dépenses de ce type qu’ils ont reportées en raison de la crise), les dépenses de santé comme les lunettes ou certains médicaments (37% des Français avaient planifié des achats de ce type mais les ont reportés), et les dépenses relatives à l’amélioration du logement comme l’isolation, ou la pose de double vitrage (33% ont reporté ce projet).
     

  • Mais pour l’heure, de nombreux foyers ont du mal à projeter une date de report de ses achats dans un futur proche. Si une partie des Français prévoit de repousser ces achats à une date ultérieure en 2020, beaucoup préfèrent attendre 2021 ou n’ont pas encore fixé de date précise. Sans surprise, c’est le cas pour les dépenses de loisirs (20% les ont reportées à une date ultérieure en 2020, 13% à une date ultérieure en 2021 et 27% attendent encore pour définir la date) mais c’est également le cas pour les dépenses automobiles (10% de reports en 2020, 7% en 2021 et 12% de reports sans date) et même la high tech (8% avaient un projet d’achat high tech et l’ont repoussé en 2020, 7% l’ont repoussé en 2021 et 11% ne savent pas encore quand ils reporteront l’achat prévu). Enfin, plus inquiétant, certains prévoient de repousser leurs dépenses de santé en 2021 (15% de reports en 2020, 8% en 2021 et 14% de reports sans date).

 

C. Une profonde remise en cause du système de surconsommation sur fond de crise économique
 

  • Les Français qui prévoient de dépenser moins qu’avant mettent bien sûr en avant des raisons d’ordre pratique liées aux restrictions imposées par la crise sanitaire : 30% avaient des projets post-confinement qui ont été bouleversés : vacances et activité culturelles ou sportives par exemple, ce qui implique des moindres dépenses. Les raisons d’ordre économique liées au contexte de crises économiques jouent également un rôle important : 37% déclarent qu’ils souhaitent réduire leurs dépenses pour mettre de côté et 28% le justifient par le fait d’avoir subi ou d’anticiper des pertes de revenus. Mais la première raison citée pour expliquer la volonté de consommer moins correspond finalement davantage à une prise de conscience idéologique. En effet, pour justifier leur volonté de dépenser moins, 55% mettent en avant le fait que, suite au confinement, ils trouvent que de manière générale, on consomme trop (soit un quart de l’ensemble des Français - 25%). En faisant l’expérience d’un mode de consommation centré sur l’essentiel, les Français ont intégré qu’on pouvait bien vivre en achetant moins, et ont identifié les achats qui leur étaient superflus.
     
    • Ceux qui ont dépensé beaucoup moins que d’habitude pendant le confinement, sont ceux qui mettent le plus en avant l’argument de la prise de conscience vis-à-vis de la surconsommation (69% contre 37% de ceux qui ont dépensé autant que d’habitude).
       
    • Par extension, les personnes les plus aisées sont celles qui ont le plus mis en avant l’idée que suite au confinement, elles trouvent qu’on consomme trop (66% des personnes dont les revenus du foyer sont d’au moins 3500 € mettent en avant cet argument contre 45% des personnes dont les revenus du foyer sont inférieurs à 2000 €).

 

  • ​​​​​​La plupart des Français appréhendent le monde post-confinement. Cette appréhension concerne d’abord l’échelle globale : près de neuf Français sur dix redoutent une crise économique qui dure sur le long terme (89%) et plus de huit sur dix s’inquiètent d’une hausse des prix importante sur les produits de première nécessité (82%). Mais la plupart des Français craignent également que la crise ne les atteigne directement : huit Français dix ont peur que la crise ait un impact sur leur niveau de vie (80%), 74% anticipent déjà une perte de pouvoir d’achat et 71% craignent que leur situation financière se dégrade.
     
    • ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Les plus âgés sont de loin les plus inquiets, que ce soit sur la situation économique générale ou sur l’impact que la crise sur la situation financière. Dans le détail, 96% des personnes âgées de 65 ans et plus redoutent une crise économique qui dure contre 69% des jeunes de moins de 25 ans ; 78% des seniors anticipent une perte de leur pouvoir d’achat contre 59% des jeunes.
       
    • Les plus aisés s’inquiètent autant que les autres que la situation économique globale ne se dégrade sur le long terme (90% de ceux dont les revenus mensuels du foyer sont d’au moins 3500 € contre 86% de ceux dont les revenus mensuels du foyer sont inférieurs à 1000 €) mais ils sont moins inquiets pour leur situation financière personnelle (64% de ceux dont les revenus mensuels du foyer sont d’au moins 3500 € contre 78% de ceux dont les revenus mensuels du foyers sont inférieurs à 1000 €).


En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements :

  • Les dépenses des Français ont diminué pendant le confinement. Cette tendance qui s’explique en partie par les restrictions physique (déplacements limités, fermeture de nombreux lieux de consommation) et le report forcé de certains achats (dépenses de vacances, travaux, etc.) doit aussi être directement mis en lien avec la perte de revenus enregistrée par de nombreux foyers pendant cette période.

  • Cette baisse des dépenses pourrait bien se pérenniser à moyen terme puisque près de la moitié des Français prévoit de consommer moins qu’avant une fois le déconfinement enclenché. En cause : les pertes de revenus lié au confinement, l’anticipation d’une crise économique qui s’inscrira dans la durée mais également une remise en question du système de surconsommation.

  • Dans un contexte de crise sanitaire où l’on replace la santé au centre des préoccupations et où les Français sont contraints de limiter davantage leurs achats à l’essentiel, la volonté d’un retour à simplicité semble prendre le dessus. Néanmoins le souhait d’un nouveau monde qui émergerait post confinement et où la surconsommation serait reniée peut davantage relever de l’idéalisation que d’une réalité ferme. Seule l’observation de l’évolution des pratiques de consommation des Français dans les mois et les années à venir permettra de déterminer si cette idéologie visant à réduire ses habitudes de consommation prend racine ou non.


Retrouvez l'étude complète en cliquant ICI.