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Infographie le budget santé des français

A. Le budget santé des Français poursuit la baisse engagée début 2020
 

  • Après un an de pandémie mondiale, qui a bousculé les habitudes de consommation, les dépenses de santé des Français ne sont pas épargnées. Pour exemple, 43% des Français reconnaissent avoir dédié une part importante de leur budget santé aux protections sanitaires en 2020 (masques, gel hydroalcoolique…).
     

  • Bouleversement tangible, la crise a créé un mouvement dans le budget santé des Français : ce budget serait à la baisse. Ainsi, les Français sont aujourd’hui un peu moins nombreux (-4 points), bien que toujours majoritaires (49%), à nous dire que leur budget santé annuel restant à charge n’a pas changé par rapport à il y a deux ans. Dans le même temps, la part de Français jugeant que son budget a augmenté est aussi à la baisse (-2 points, 39%). Ces dynamiques renforcent le sentiment d’une diminution du budget santé. Et de fait, 10% des Français nous disent avoir un reste à charge moins important qu’auparavant, soit une évolution de +5 points par rapport à ce qu’ils observaient l’an dernier.
     

  • Dans les faits, les Français continuent à moins dépenser pour leur santé. En baisse d’une trentaine d’euros début 2020, le budget santé annuel restant à charge déclaré diminue nettement cette année et atteint 441 €, soit 88 € de moins qu’en février 2020.
     
    • Le budget santé se répartit assez logiquement au sein de la population. Les Français les plus âgés, ceux qui souffrent d’une infirmité physique, d’un handicap ou d’une maladie chronique ou encore ceux dont le revenu mensuel est le plus élevé ont le budget santé le plus conséquent (respectivement 725 €, 539 €, 538 €). A l’inverse, les Français de moins de 35 ans (314 €) et les catégories populaires (280 €) y consacrent des montants plus faibles.
       
    • La baisse du budget santé concerne toutes les catégories de la population, y compris celles qui dépensent le plus : le budget santé des Français âgés de 65 ans et plus diminue de 198 €, celui des foyers dont le revenu mensuel est supérieur ou égal à 3 500 € et plus de 194 €.
       
  • Les différents types de soins sont tout aussi importants dans le budget santé des Français : 30% en consacrent la plus grande partie aux soins optiques, 28% aux soins dentaires, 27% aux soins courants. Seule l’hospitalisation, plus rare, pèse moins (8%).
     
  • La crise liée à la pandémie de COVID-19 à laquelle la France fait face depuis plus d’un an maintenant et qui perdure aujourd’hui n’est pas sans conséquence sur ces évolutions de budget. La crainte des risques encourus dans les hôpitaux, les actes et consultations reportés, les incitations à ne pas sortir du fait des couvre-feux et confinements ont eu un impact massif sur le suivi médical des patients. En témoignent les chiffres relatifs au diagnostic de cancer en chute libre au cours de l’année 2020 : selon la Ligue contre le cancer, près de 100 000 cancers n’ont pas été détectés à cause de la COVID (1). Les difficultés financières renforcées par la hausse du chômage et les situations précaires (difficultés pour les jeunes à trouver un emploi, etc.) sont en outre venues s’ajouter aux obstacles sanitaires.
     
    • Dans ce contexte, près d’un Français sur trois aurait remis à plus tard ou renoncé, pour des raisons sanitaires et/ou financières, à une consultation chez le dentiste (28%), un sur quatre chez un spécialiste (23%), et un sur cinq à l’achat de lunettes, lentilles ou de prothèses dentaires ou auditives (21%). 17% nous disent avoir reporté ou renoncé à une consultation chez le généraliste, 15% à des examens de santé et 14% à une hospitalisation. A l’exception de l'achat de lunettes, lentilles et prothèses dentaires ou auditives, tous ces renoncements ont plus souvent été motivés par des raisons sanitaires que financières.
       
  • Pour limiter le renoncement aux soins, les Français ont eu accès en 2020 à des solutions alternatives comme la téléconsultation qui s’est développée de manière exponentielle pendant la crise sanitaire : selon une étude publiée par la DREES en septembre 2020, les trois quarts des médecins généralistes ont mis en place la téléconsultation depuis le début de l’épidémie de COVID-19, alors que moins de 5% la pratiquaient auparavant (2).
     
  • Les mesures de prévention peuvent également impacter positivement le budget des Français. Plus de la moitié d’entre eux déclarent faire davantage de prévention depuis ces dernières années en faisant attention à leurs pratiques pour mieux protéger leur santé (53%, +1 point).
     
  • Les autres comportements ont peu évolué en comparaison à avril 2020. Près d’un tiers des Français déclare réaliser plus fréquemment des devis avant d’engager des soins depuis ces dernières années (31%, -2 points). Moins de deux sur dix privilégient les soins médicaux à l’hôpital plutôt qu’en cabinet (15%, -1 point), ont réduit leur prestation mutuelle pour payer moins cher (14%, -1 point), ont pensé à changer de médecin pour en choisir un aux honoraires moins élevés (13%, -1) ou encore ont dû renoncer à leur mutuelle au moins un temps (10%, -1). Seul comportement qui varie nettement, le recours aux médicaments génériques poursuit sa forte baisse (43%, -10 points), car probablement ayant déjà atteint un plafond en termes de progression.


B. Pour financer leurs soins, les Français ont plus recours à des complémentaires ou à d’autres mutuelles
 

  • Près d’un Français sur cinq déclare avoir pris ces dernières années une mutuelle qui rembourse mieux (21%) ou une mutuelle moins chère (16%), des proportions en baisse de 3 points.

  • Pour autant cette année, les Français se seraient plus détournés de leur mutuelle habituelle pour financer leurs soins. 29% déclarent avoir déjà dû souscrire à une mutuelle complémentaire et 26% changer de mutuelle pour le faire, des résultats en hausse de 11 et 8 points. La loi française rend désormais plus aisés ces changements : depuis le 1er décembre 2020, il est en effet possible de résilier son contrat de complémentaire santé à n’importe quel moment après la première année (3). Le fait de contracter un crédit progresse également (12%, +4 points).

    • Ces solutions sont privilégiées par les Français qui dépensent le moins pour leur santé ou qui ont le plus de frais. 34% des jeunes de moins de 35 ans auraient déjà changé de mutuelle et 39% auraient souscrit à une mutuelle complémentaire pour financer un soin. Les parents de jeunes enfants y ont également plus recours (34% et 37%).
       

  • Parmi les différents soins, ce sont les soins dentaires qui ont le plus été à l’origine d’un changement de mutuelle (37% de ceux qui l’ont fait, +3 points), d’une souscription à une mutuelle complémentaire (37%, +6 points) ou du fait de contracter un crédit (49%, -8 points). Depuis le 1er janvier 2021, les soins dentaires intègrent le 100% santé qui permet aux assurés de bénéficier de soins et équipements sans reste à charge. L’optique en fait déjà partie depuis le 1er janvier 2020 mais ce type de soin progresse tout de même parmi les soins qui ont nécessité de changer de mutuelle pour les financer (26%, +4 points) ou de contracter un crédit (16%, +8 points). C’est également le cas des soins courants pour la souscription à une mutuelle complémentaire (29%, +7 points).

 

C. Des inquiétudes liées à la crise sanitaire et à son impact financier à long terme
 

  • La crise sanitaire a profondément modifié les habitudes de vie des Français. 39% ont changé leurs lieux d’achat pour les courses alimentaires, 37% leurs produits d’hygiène, 31% leurs moyens de transport au quotidien ou pour les vacances. Par ailleurs, 19% ont modifié leurs habitudes en termes de consultations de thérapeutes. Ces changements ont eu des répercussions financières. On note cependant qu’elles sont autant positives que négatives, avec des proportions similaires de Français qui déclarent que ces produits/services leur coûtent plus cher ou moins cher qu’auparavant. Par exemple, 15% des Français ont changé les magasins dans lesquels ils font leurs courses alimentaires et paient désormais plus cher contre 14% qui ont vu leur ticket de caisse s’alléger ; l’écart entre les deux est de trois points sur les produits d’hygiène.

    • Les jeunes ont plus changé leurs habitudes pendant la crise sanitaire et ont vu leur budget baisser. C’est notamment le cas pour les courses alimentaires : 47% ont changé de lieux d’achat (8 points de plus que la moyenne) et 19% paient désormais moins cher (9 points de plus).

    • Les personnes issues des catégories aisées, les Franciliens et les parents de jeunes enfants ont eux aussi revu leurs habitudes mais les répercussions sur leur budget sont plus négatives : entre 4 et 9 points de plus que la moyenne sur la perception d’une augmentation.
       

  • Malgré une baisse de leur budget santé à date, les Français anticipent une inversion de cette tendance. Lorsqu’on leur demande de se projeter dans l’avenir, près d’un tiers des Français prévoit une augmentation de leurs frais de santé à horizon 5 ans car l’épidémie fragilise leur santé (31%). Une proportion similaire de Français a par ailleurs déjà prévu pour cette année un budget spécial pour les achats liés à la crise sanitaire comme des masques ou du gel hydroalcoolique (30%). La majorité estime que leurs frais de santé vont rester stables (60%) et 6% qu’ils vont diminuer.

    • Des prédictions qui varient selon l’état de santé des Français : 43% de ceux qui jugent leur état de santé mauvais anticipent une hausse de leur budget santé. Ils ne sont que 29% parmi ceux qui estiment que leur état de santé est bon (63% prévoient un budget santé stable).

    • Les populations dont les revenus sont plus faibles ou qui ont plus de personnes à charge se montrent plus prévoyantes sur les achats de protections sanitaires : 43% des moins de 35 ans les ont prévues dans leur budget 2021 ainsi que 44% de ceux qui ont au moins un enfant de moins de 18 ans dans leur foyer et même 51% de ceux qui en ont trois.
       

  • Au-delà des aspects financiers, les Français se disent inquiets pour la santé de leurs proches (75%, 24% tout à fait). Le vaccin pourrait être une solution face à cette inquiétude mais les Français se montrent partagés sur le sujet. D’une part, ils sont convaincus de son bienfondé, les trois quarts d’entre eux le percevant comme une bonne chose (73%, 35% tout à fait). Dans le même temps, les Français redoutent ses effets secondaires (58%, 26% tout à fait) et son impact sur les comportements. Pour 61% d’entre eux, il inciterait les vaccinés à se montrer moins vigilants, à moins respecter et appliquer les gestes barrières (19% tout à fait).

    • Les personnes les plus à risque insistent fortement sur l’utilité du vaccin : ils sont 90% parmi les Français âgés de 65 ans et plus (60% tout à fait) et 81% parmi les personnes qui souffrent d’une infirmité physique, d’un handicap ou d’une maladie chronique (42% tout à fait). Les jeunes, moins touchés par les formes graves de la COVID-19, se montrent un peu plus réservés : 64% des Français de moins de 35 ans estiment que le vaccin est une bonne chose.

    • Des doutes sur le vaccin parmi les jeunes qui s’expliquent en partie par des inquiétudes sur les risques d’effets secondaires : 69% des moins de 35 ans déclarent en avoir peur (11 points de plus que la moyenne). Les personnes ayant déjà contracté la COVID-19 (certainement ou possiblement) se disent également préoccupées (67%).
       
  • Ne s’arrêtant pas à leur santé physique, l’inquiétude des Français s’étend aussi à leur équilibre psychologique. Dans le contexte de restrictions des libertés qu’occasionne la crise, 19% ont modifié leurs habitudes en termes de consultations de thérapeutes : 7% ont désormais des frais qui ont augmenté – et ont peut-être besoin de consulter davantage ; 6% ont des dépenses de thérapeutes à la baisse – et ne peuvent peut-être plus se permettre de poursuivre leur thérapie. La santé mentale est un sujet de préoccupation à part entière : 56% des Français déclarent craindre davantage les risques psychologiques que sanitaires de la COVID-19, 26% tout à fait. Une inquiétude plus forte lorsqu’on a déjà été confronté à la COVID-19 (67%), peut-être du fait du syndrome post-covid qui peut perturber la vie quotidienne pendant plusieurs mois après l’infection.

 

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements : 

  • La baisse du budget santé s’accentue cette année sur fond de pandémie. En cause notamment, un contexte de crise sanitaire et économique qui a incité les Français à mettre leur santé de côté en renonçant à des soins et des achats médicaux.
  • Les soins dentaires demeurent pour l’instant le type de soin qui pèse le plus dans le budget des Français. L’entrée en vigueur de la dernière partie de la réforme du 100% santé début 2021 pourrait faire évoluer la répartition, des effets à observer début 2022.
  • Les Français expriment des inquiétudes fortes liées à la crise sanitaire auxquelles le vaccin ne répond que partiellement. Sans surprise, la santé de leurs proches est un sujet de préoccupation mais également l’impact psychologique de la crise sanitaire et ses conséquences sur le budget santé à long terme.


Retrouvez l'étude complète en cliquant ICI.