Infographie sur les français et l'automobile, la tentation de la location

A. Les achats d’occasion, une solution pour soulager le porte-monnaie des Français mais pour laquelle ils ont besoin d’être rassurés
 

  • La dernière vague du Présitrack, le baromètre présidentiel d’OpinionWay, révèle que le pouvoir d’achat est le principal enjeu qui pèsera dans le vote des Français pour la prochaine élection présidentielle et cela pour une majorité d’entre eux (52%) (1). Le budget est ainsi au cœur de leurs préoccupations et la pandémie actuelle joue un rôle décisif à cet égard. Dans le contexte actuel tendu, près des deux tiers des Français déclarent être davantage à la recherche de moyens de faire des économies avec la crise sanitaire (64%, 20% tout à fait).
     
    • Les catégories populaires (74%) et les Français dont les revenus sont les plus bas (moins de 2000€ par mois au sein du foyer, 74%) sont logiquement ceux qui cherchent à réduire leurs dépenses.
       
  • Les achats d’occasion sont une réponse à ces préoccupations budgétaires. Parmi les raisons qui inciteraient à acheter des produits de seconde main, les arguments financiers dominent. Tout d’abord, la possibilité de réaliser des économies est la première raison citée loin devant les autres à 34% en premier et à 67% au total des citations (soit 16 points d’écart avec la deuxième raison). 48% évoquent également la possibilité d’acheter des produits qu’ils ne pourraient pas s’offrir neufs et 35% le fait d’augmenter leur pouvoir d’achat.
     
    • Les jeunes voient notamment les achats de seconde main comme un moyen d’acquérir des produits qu’ils ne pourraient pas s’offrir neufs (55% chez les moins de 35 ans, 7 points de plus que la moyenne). Cet avantage est également souligné par les Français dont le foyer gagne moins de 2000€ par mois (56%, 8 points de plus).
       
  • Au-delà du gain financier personnel, les Français voient également un avantage plus sociétal à l’achat de biens d’occasion : la préservation de l’environnement. Un Français sur deux serait intéressé par ce type d’achats pour être plus respectueux de l’environnement (51%), deuxième raison la plus citée. Un bénéfice d’autant plus important pour les Français qu’ils s’en soucient quasi-unanimement. 86% affirment que lutter contre le gaspillage est important pour eux (37% tout à fait) et 75% cherchent à donner une seconde vie à leurs produits dès que possible (22% tout à fait).
     
    • Les cadres sont particulièrement sensibles au bénéfice environnemental : 64% d’entre eux seraient intéressés par des produits d’occasion pour être plus respectueux de l’environnement (13 points de plus que la moyenne).
       
  • La contrepartie des prix plus bas semble être le manque de fiabilité des produits d’occasion pour les Français. Ils se montrent ainsi partagés quant à l’état des biens d’occasion : 50% jugent que les produits de seconde main ne sont pas d’aussi bonne qualité que les produits neufs et la même proportion pense le contraire. Il s’agit d’ailleurs d’une des principales raisons de désintérêt envers ces produits. 52% n’en achèteraient pas parce qu’ils n’ont pas confiance dans la solidité des produits d’occasion (21% citent cette raison en premier). Ils questionnent également la fiabilité des vendeurs : 57% craignent de se faire arnaquer (27% en premier).
     
    • La crainte de l’arnaque lors de l’achat de produits d’occasion est encore plus présente parmi les Français qui ont acheté des produits reconditionnés (35% citent cette raison en premier). Le choix du reconditionné, qui garantit le parfait état de marche pour les produits, est sans doute plus rassurant.
       
  • Autre frein à l’achat de produits d’occasion, les Français valorisent encore le fait d’être le premier propriétaire d’un objet. Près de six interviewés sur dix se disent attachés au fait de posséder des produits neufs (58%). Cette raison ressort par ailleurs parmi les raisons de désintérêt pour la seconde main. 30% ne seraient pas intéressés par les objets d’occasion car ils préfèrent posséder des produits neufs par principe. Ainsi, alors qu’ils perçoivent les bénéfices des nouvelles tendances de consommation, les Français peinent encore à se détourner complètement des habitudes plus classiques. Le même constat émerge de l’enquête menée pour Sofinco sur la location longue durée en juin 2021 : alors que 69% des Français se disaient intéressés par la location longue durée d’équipements, pour 57% la possession de biens leur paraissait toujours aussi indispensable (2).
     
    • Les Français qui n’ont jamais acquis ou vendu un produit d’occasion sont logiquement les plus attachés aux produits neufs (70%, 12 points de plus que la moyenne).
       

B. Les Français sont de plus en plus nombreux à faire le choix de la seconde main, notamment grâce au développement des plateformes de vente en ligne
 

  • Les Français sont familiers du marché de l’occasion. Parmi les raisons de ne pas acheter des biens d’occasion, seuls 20% déclarent ne pas savoir où en acheter. Pour cause, huit Français sur dix reconnaissent qu’aujourd’hui, il est facile d’acheter ou de vendre des produits d’occasion (81%, 27% tout à fait) et les deux tiers déclarent connaitre le principe de l’économie circulaire (67%). In fine, acheter des produits d’occasion fait partie des habitudes de près d’un Français sur deux (45%).
     
  • Les achats sur la dernière année le confirment. 63% ont acheté et/ou vendu des produits/biens d’occasion, soit 20 points de plus que lors de la dernière mesure en 2013 (3). Avec l’émergence de nombreuses plateformes de vente entre particuliers depuis le début des années 2000 (Leboncoin qui fête ses 15 ans cette année, Vinted - appli de vêtements lancée en 2008 ou encore Selency – créé en 2014 pour la revente de meubles d’occasion), la vente de produits d’occasion a significativement progressé et fait désormais jeu égal ou presque avec l’achat de produits neufs. 46% ont vendu des produits/biens d’occasion sur la dernière année (+16 points depuis 2013) et 44% en ont acheté (+9 points). Tendance qui a émergé plus tardivement (4) - notamment avec l’essor des smartphones – le marché du reconditionné est à ce jour certes moins développé mais connait une croissance galopante. En 2021, il attire un quart des Français (26%). Enfin, 29% ont acquis gratuitement des produits de seconde main.
     
    • L’achat et la vente de produits d’occasion décroît avec l’âge. 83% des jeunes de 18-24 ans ont acheté ou vendu des produits d’occasion sur la dernière année (64% ont acheté, 56% ont vendu), une pratique qui tombe à 50% parmi les 65 ans et plus (29% ont acheté et 34% ont vendu).
       
    • Le marché de l’occasion a progressé chez les Français de tout âge mais particulièrement chez les jeunes depuis 2013. 39% des jeunes de 18-24 avaient acheté ou vendu des produits d’occasion en 2013 ; ils sont désormais 83% soit une progression de 44 points. En comparaison, ce résultat progresse de 17 points chez les Français de 50 ans et plus (de 36% à 53%).
       
  • Avec la démocratisation du recours aux produits d’occasion, les profils d’utilisateurs se diversifient, de même que les comportements (profils moins experts, achats plus sporadiques, montants plus faibles…). A cela s’ajoute une tendance globale à la réduction des dépenses du fait de la pandémie. En juin 2021, 58% des Français déclaraient en effet préférer épargner plutôt que dépenser depuis le début de la crise sanitaire (5).

    Cela impacte ainsi à la baisse le budget alloué à l’achat de produits d’occasion. En moyenne, les Français ont dépensé 288€ pour ce type de biens en 2021, soit 108€ de moins qu’en 2013. Ils ont dépensé 190€ pour des produits reconditionnés. En cumulé, le montant moyen dépensé pour des produits/biens d’occasion ou reconditionnés est de 349€, ce qui représenterait une évolution de -47€ par rapport au budget 2013 dédié à l’achat de produits d’occasion (6). Le budget moyen gagné en vendant des produits/biens d’occasion suit logiquement la même tendance : il s’élève à 165€ (95€ de moins qu’en 2013).
     
    • La baisse du budget moyen alloué par les Français est en réalité due à une chute du budget dépensé par les Français les plus âgés. Ils ont dépensé cette année 294€ pour des produits d’occasion, 338€ pour des produits d’occasion ou reconditionnés soit une baisse de respectivement 244€ et 200€. Au sein des autres catégories d’âge, la baisse est plus ténue entre 1€ et 83€.
       
  • Lorsqu’ils souhaitent acquérir un bien d’occasion, les Français privilégient de loin les sites internet ou les applications de vente de type Backmarket, Leboncoin ou Vinted (39% en premier lieu, 53% au total des citations). Les autres options en ligne sont plus marginales : les sites internet de dons entre particuliers à 13% ou encore les plateformes de vente d’articles d’occasion créées par des enseignes à 11%. Quand ils choisissent un lieu physique, ils participent plutôt à une brocante ou un vide-greniers (36%), voire se rendent dans des enseignes de dépôt ou d’achat-vente (22%).
     
    • Les jeunes de moins de 35 ans favorisent plus que leurs aînés les sites internet de dons entre particuliers (23%), ce qui en fait le troisième lieu dans lequel ils se rendent pour des produits d’occasion. Ils sont d’ailleurs 42% à avoir acquis gratuitement des produits de seconde main (13 points de plus que la moyenne).
       
  • Les Français qui ont acheté ou vendu des produits d’occasion/reconditionnés ont avant tout opté pour des produits de loisirs, du textile et des équipements numériques : des livres/jeux vidéo (40%), des vêtements/accessoires pour adultes (36%) ou pour enfants (24%), des produits high-tech (22%) ou des jouets pour enfants (21%). Notons que les produits high-tech arrivent en première position parmi les Français ayant acheté des produits reconditionnés (42%).
     
    • Les vêtements pour enfants arrivent en première position parmi les produits achetés par les parents (39%). Les jouets sont également très cités (34%).
       
  • Dans l’année à venir, un quart des Français envisage d’augmenter sa consommation de produits d’occasion (24% ; -3 points par rapport à 2013) et 63% de la maintenir au même niveau (+9 points). Au total, ce sont 87% qui n’envisagent donc pas de la diminuer (+6 points). Parmi les produits qui les intéresseraient en occasion plutôt que neufs, les livres/jeux vidéo dominent nettement (68%, 25% très intéressés). Ils sont suivis par les voitures/deux-roues (58%), le mobilier (57%), la décoration (51%) et les produits high-tech (50%). Les autres types de produits intéressent environ un tiers des Français.
     
    • Ici encore l’âge est déterminant. Plus d’un Français sur trois âgé de moins de 35 ans compte augmenter sa consommation de produits d’occasion dans l’année à venir (35% contre 17% des 65 ans et plus).
       
    • Les Français aux revenus modestes sont plus nombreux que la moyenne à envisager de diminuer leur consommation de produits d’occasion (17%, 5 points de plus que la moyenne). Volonté de réduire encore plus les dépenses ou reprise de l’économie qui incite à l’achat de produits neufs ?
       
  • A plus court terme, un peu plus d’un quart des Français envisage d’offrir des articles d’occasion à son entourage pour les fêtes de fin d’année (28%). Ils se tourneraient plutôt vers des jouets (36%), des vêtements (33%), des accessoires (27%) ou encore des produits high-tech (26%). Les Français restant attachés aux produits neufs, ce type de cadeau n’est pas sans risque : 62% des Français appréhendent la réaction de leurs proches s’ils leur offrent un cadeau d’occasion.

 

En conclusion, cette édition du Sofinscope a fait émerger plusieurs grands enseignements :

  • Déjà en plein essor, notamment avec l’arrivée du reconditionné, le marché de l’occasion s’est nettement développé depuis la crise sanitaire. Les produits de seconde main répondent à une préoccupation forte des Français, leur pouvoir d’achat. Ils y voient également un outil pour soutenir leurs efforts en faveur de l’environnement.  
     
  • Si le recours aux produits de seconde main s’est répandu parmi toutes les catégories de la population, le développement du marché de l’occasion est avant tout porté par les jeunes, plus familiers des plateformes en ligne et plus sensibles aux différents bénéfices qu’ils lui attribuent (à la fois financiers et environnementaux).
     
  • Les marchés de l’occasion et du reconditionné sont complémentaires : les Français s’intéressent à des produits de loisirs et du quotidien en occasion, quitte à faire des économies modiques sur chaque produit (livres, jeux vidéo…) et se tournent vers le reconditionné pour le high-tech avec des budgets plus élevés mais également des remises plus importantes.
     
  • Même si les bénéfices sont bien identifiés par les Français, des freins persistent centrés sur deux sujets : la sécurité liée aux achats d’occasion (fiabilité des produits, honnêteté des vendeurs…) et l’attachement aux produits neufs, la propriété demeurant une pratique encore profondément ancrée dans les habitudes.
     

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