Sur un plan purement juridique, le divorce des parents ne met pas fin à leur obligation de contribuer au financement des études supérieures. Mais dans les faits, la situation peut devenir complexe : désaccords sur les dépenses, communication difficile, responsabilités floues… autant d’éléments qui compliquent souvent le quotidien de l’étudiant.
Heureusement, plusieurs dispositifs prévoient des solutions adaptées : règles spécifiques des bourses CROUS, prêt étudiant garanti par l’État sans caution parentale, ou encore prêt personnel lorsque le dialogue demeure serein. Voici comment les mobiliser de manière claire et apaisée.
À retenir :
- L'obligation de contribution des parents aux frais de scolarité et de vie courante se poursuit après la majorité tant que l'enfant n'est pas autonome.
- L’éligibilité aux bourses du CROUS peut être réévaluée sur la base des revenus d’un seul parent selon le jugement de résidence ou le statut fiscal.
- Le prêt étudiant avec différé permet de décaler le remboursement du capital à la fin du cursus, avec l'appui d'un parent se portant caution. Les intérêts peuvent continuer à courir selon les conditions du contrat.
- Le prêt garanti par l’État offre une solution de financement sans exigence de caution parentale grâce à une garantie publique.
Sommaire
- L'obligation alimentaire après 18 ans : un cadre légal protecteur
- Existe-t-il des aides CROUS adaptées aux familles séparées ?
- Le prêt personnel : deux configurations possibles
- Et si aucun parent ne peut ou ne veut contribuer ?
- FAQ - Questions fréquentes sur le financement des études supérieures en tant que parent divorcé
L'obligation alimentaire après 18 ans : un cadre légal protecteur
En droit français, l’obligation des parents de contribuer aux besoins de leur enfant ne s’arrête pas à sa majorité. Selon l'article 371-2 du Code civil(1)(Note de bas de page), elle perdure tant que l’étudiant ne peut pas subvenir seul à ses besoins, y compris pendant ses études supérieures.
Cette obligation couvre les cursus universitaires, les BTS, les écoles d’ingénieurs ou de commerce, et même les redoublements ou réorientations, à condition d’être assidu et de poursuivre un projet cohérent.
En cas de désaccord entre les parents, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour déterminer la contribution de chacun en fonction de leurs ressources respectives et des besoins réels de l’étudiant.
Les dépenses prises en compte incluent la scolarité, le logement, l’alimentation, le transport et le matériel pédagogique. Ces frais sont répartis entre les parents proportionnellement à leurs facultés respectives.
Enfin, les sommes versées au titre de la pension alimentaire peuvent être déduites des revenus imposables, dans la limite du plafond légal en vigueur (revalorisé chaque année), un avantage fiscal non négligeable pour le parent contributeur.
Existe-t-il des aides CROUS adaptées aux familles séparées ?
Le principe
Le système des bourses CROUS prévoit des règles spécifiques pour les étudiants dont les parents sont divorcés ou séparés. Même si les deux avis fiscaux sont demandés par défaut, certaines situations permettent de ne prendre en compte que les revenus d'un seul parent, ce qui augmente mécaniquement les chances d'obtenir une bourse… et son échelon.
Les situations favorables
Deux cas permettent généralement d'exclure les revenus d'un parent selon la réglementation du CROUS :
- Le parent isolé fiscalement (case T cochée sur l’avis d’imposition). Si l’étudiant est rattaché à ce foyer, seuls les revenus de ce parent sont retenus.
- La résidence exclusive fixée par jugement, avec pension alimentaire. En fournissant l’extrait de jugement, le CROUS retient uniquement les revenus du parent qui héberge l’étudiant.
Les montants accessibles
Les bourses sont réparties selon plusieurs échelons (de 0 bis à 7) et versées sur dix mois. Pour l'année universitaire 2025-2026, ces montants s'échelonnent d'environ 1 454 € à 6 335 € par an(2)(Note de bas de page). Ces montants, revalorisés chaque année, couvrent souvent une bonne partie d’un loyer étudiant ou des frais de scolarité dans le public.
Les justificatifs à prévoir
Selon votre situation, il pourra vous être demandé de fournir :
- le jugement mentionnant la résidence habituelle,
- l’attestation CAF confirmant le statut de parent isolé,
- ou l’avis fiscal comportant la case T.
À défaut de l’un de ces documents, le CROUS prendra en compte les deux avis fiscaux parentaux, ce qui réduit souvent l’éligibilité aux bourses.
Le prêt personnel : deux configurations possibles
Configuration 1 : lorsque les deux parents contribuent
Quand les deux parents acceptent de participer au financement des études, ils peuvent choisir de souscrire ensemble un prêt personnel ou, selon leur organisation, de se porter caution à tour de rôle. Cette solution permet de répartir équitablement l’effort financier et de sécuriser le financement sur toute la durée du cursus. Pour fluidifier la gestion, certains parents ouvrent également un compte dédié aux dépenses liées aux études, ce qui centralise les versements et évite les confusions.
Il reste toutefois essentiel de formaliser la répartition des contributions par écrit, même brièvement, afin de prévenir les malentendus. Les parents doivent également garder à l’esprit qu’un co-emprunt les engage solidairement : si l’un ne peut plus assumer sa part, l’autre devient redevable de l’intégralité du remboursement.
Configuration 2 : lorsqu’un seul parent accompagne l’étudiant
Dans certaines familles, un seul parent peut accompagner financièrement l’étudiant. Le prêt étudiant avec différé de remboursement est alors une option particulièrement adaptée : l’étudiant emprunte à son nom et le parent se porte simplement caution, ce qui évite d’avancer les mensualités pendant la scolarité. Le prêt peut fonctionner en différé total (aucun paiement durant les études) ou en différé partiel (paiement des seuls intérêts).
Le montant accordé, soumis à l'acceptation de l'organisme prêteur, dépend des revenus du parent caution et peut atteindre jusqu’à 45 000 € selon les banques. Dans la pratique, et sous réserve d'une analyse de solvabilité favorable, un parent disposant de revenus stables permet souvent d’obtenir un prêt de l’ordre de 15 000 à 20 000 €, sans dépasser une capacité d’endettement raisonnable.
Le différé total a toutefois un coût, car les intérêts continuent de s’accumuler pendant toute la durée des études. Opter pour un différé partiel, même avec des mensualités moins élevées, permet de réduire sensiblement le coût global. Et si l’étudiant décroche une alternance, un remboursement anticipé, même partiel, devient particulièrement avantageux.
Et si aucun parent ne peut ou ne veut contribuer ?
Il reste la solution du prêt étudiant garanti par l'État : c'est la solution de référence pour les étudiants sans soutien parental. L'État se porte garant à hauteur de 70 % du montant emprunté via Bpifrance, les banques assumant les 30 % restants.
Cette garantie publique supprime l'exigence de caution parentale qui bloque habituellement l'accès au crédit. Le dispositif reste accessible jusqu'à 20 000 euros pour les étudiants de moins de 28 ans, dans la limite des quotas de garantie annuels disponibles, avec des taux qui varient selon les établissements partenaires(3)(Note de bas de page).
La démarche débute par une demande d'attestation de pré-éligibilité sur la plateforme digitale Token Bpifrance. Cette attestation, indispensable, doit ensuite être présentée aux banques partenaires qui étudient le dossier selon leurs critères propres : cohérence du projet d'études, perspectives d'insertion professionnelle, sérieux du parcours antérieur. Le quota annuel de prêts garantis étant limité, déposer sa demande dès l'ouverture du dispositif (généralement au printemps) pour une rentrée en septembre augmente considérablement les chances d'obtention.
Le remboursement peut être différé jusqu'à dix ans après la souscription, mais cette durée maximale inclut les années d'études. Un prêt contracté en première année devra donc commencer à être remboursé au plus tard en fin de parcours doctoral. Parents divorcés ne signifie pas financement d’études supérieures impossibles !
Questions fréquentes sur le financement des études supérieures en tant que parent divorcé
En principe non, si l'enfant est assidu et poursuit un projet cohérent. Le refus d'un parent peut être contesté devant le juge aux affaires familiales, qui fixera la contribution de chacun en fonction des ressources respectives et des besoins réels de l'étudiant.
La loi ne fixe pas d'âge limite. L'obligation cesse lorsque l'enfant est financièrement autonome. En pratique, un étudiant de 25 ans en master peut toujours légitimement solliciter une contribution parentale.
Oui, les deux dispositifs sont cumulables. La bourse CROUS couvre une partie des dépenses courantes, tandis que le prêt garanti permet de financer des besoins plus importants comme les frais de scolarité ou le logement.
Dans ce cas, le CROUS peut ne retenir que les revenus du parent présent, sous réserve de fournir les justificatifs appropriés. Pour le prêt garanti, l'absence de caution parentale n'est pas un obstacle puisque l'État se substitue à cette garantie.
Le crédit à la consommation de A à Z
Faire une simulationVos questions sur le crédit à la consommation
Un crédit pour un projet
Vos questions sur le crédit à la consommation
Découvrir nos prêtsNos conseils budgets