Infographie sur les français et leur budget soldes, impact de l'e-commerce

A. Les soldes : indétrônable temps de consommation des Français ?
 

  • Alors que le coup d’envoi pour les soldes d’hiver 2022 a été donné le 12 janvier, plus d’un Français sur deux serait susceptible de l’ignorer : concrètement la moitié d’entre eux reconnait ne jamais savoir quand les soldes débutent (52%). Les soldes appartiennent-ils au monde d’avant ?
     
  • A première vue, les soldes apparaissent toujours comme un rendez-vous incontournable pour les Français : près des trois quarts déclarent faire des achats à cette période (72%) et la moitié en font lors des deux vagues de soldes saisonnières, en été et en hiver (52%).
     
    • L’intérêt pour les soldes est partagé par toutes les catégories de la population, une majorité déclarant systématiquement faire des achats à cette période. Les Français de moins de 35 ans y participent plus (79%), ainsi que les parents d’enfants (79%) et les femmes (76%).
       
    • Les hommes achètent pour leur part certes un peu moins de cette période, mais sont tout de même une majorité à profiter de cette opportunité (69%), de même que les Français les plus âgés (65%).
       
  • Les Français voient les soldes comme une occasion d’acheter ce qui leur fait envie. Pour six Français sur dix, il s’agit d’une période qui permet de se faire plaisir (69%, -2 points depuis 2012 ; 81% parmi les moins de 35 ans) et d’acheter plus de choses (58%, +5 points depuis 2012 ; 72% parmi les moins de 35 ans). Les soldes sont également l’occasion d’acheter des produits inaccessibles sinon pour près de la moitié d’entre eux (45%, -4 points depuis 2012). En période de crise économique, cette période de promotion revêt également un intérêt pour la vie économique du pays : 56% des interviewés la perçoivent comme une période essentielle pour l’économie française.
     
  • Pourtant, force est de constater que les soldes semblent avoir perdu de leur attrait : 71% avouent moins faire les soldes qu’auparavant… peut-être parce que selon près de 80% d’entre eux, on fait aujourd’hui de moins bonnes affaires pendant les soldes qu’auparavant (79%).
     

B. La rude concurrence des soldes : la permanence des bonnes occasions, notamment avec l’apparition de l’e-commerce
 

  • Si trois quarts des Français profitent des soldes pour faire des achats, ils estiment que le reste de l’année est également (voire davantage ?) propice aux bonnes affaires. L’émergence du commerce en ligne a largement contribué à cette évolution des pratiques : plus de deux Français sur trois admettent qu’avec le développement de l’e-commerce, ils n’attendent plus les soldes pour se faire plaisir (66%).
     
    • Les Français qui sont nés au moment de l’arrivée du commerce en ligne et après, dans les années 90, en sont encore plus convaincus : 75% des moins de 35 ans n’attendent plus pour se faire plaisir.
       
  • Dans les faits, les occasions en ligne ne manquent pas. Soit 42% des Français estiment que les soldes en magasin sont la meilleure période pour faire des bonnes affaires, mais ils sont autant ou presque (39%) à décerner cette palme aux sites de vente d’articles de seconde main comme Vinted ou Leboncoin. Les Français sont de plus en plus nombreux à tenter les achats d’occasion : en novembre dernier, 44% déclaraient avoir déjà acheté des produits/bien d’occasion, une progression de 9 points depuis 2013(1). On observe en outre que les soldes sur Internet (36%) font désormais presque jeu égal avec les soldes en magasin. Le blackfriday (24%), les achats groupés sur des plateformes comme Groupon (20%), les sites dédiés aux ventes privées (20%) ou encore les sites Internet répertoriant les réductions et les promotions comme Dealbs ou iGraal (17%) ont également le vent en poupe. Au total, lorsqu’on leur demande de sélectionner les moyens qui selon eux permettent de faire de bonnes affaires, 73% des Français citent des achats en ligne alors que 57% évoquent des achats en magasin.
     
  • La naissance de ces nouveaux canaux d’achats promotionnels a révolutionné les habitudes des Français, notamment en intronisant le principe d’économie circulaire qui bouscule le modèle traditionnel commercial. Avec des articles de seconde main parfois jamais portés mais vendus à prix cassés, les sites de vente entre particuliers changent la donne. Sans surprise alors, ce sont plus des deux tiers des Français qui déclarent avoir le sentiment
    que les promotions proposées sur Internet sont souvent plus intéressantes qu’en magasin (68%).


FOCUS : Quid de l'impact de la crise sanitaire sur les soldes ?

L’e-commerce bénéficie des craintes liées à la crise sanitaire. Le contexte actuel incite la majorité des Français à privilégier l’e-commerce pour faire les soldes (58%). La crainte des contaminations dans les magasins explique en partie cette décision. Près de sept Français sur dix avouent redouter l’affluence dans les magasins pendant les soldes (68%).
 

C. Les soldes : un moment banalisé… mais qui viendrait à manquer
 

  • Reste que les soldes, s’ils sont désormais concurrencés par le e-commerce et de ce fait ont quelque peu perdu de leur intérêt aux yeux des Français (25% ont l’intention de réduire leur budget ‘soldes’ dans l’année à venir), ils demeurent malgré tout un moment spécial, un rituel dans l’année.
     
  • Période de bonus – presque de jeu de réussir à trouver l’article désiré, remisé et encore en stock – plus que de nécessité, l’arrivée des soldes n’implique le plus souvent pas de restrictions budgétaires ou d’économies dans les foyers français. 73% n’économisent pas en vue de cette période (même si 74% des Français partent à la recherche des prix les plus bas, près de la moitié ne s’intéressent qu’aux remises supérieures à 50%, etc.). De moins en moins jugés essentiels, les soldes sont finalement considérés par plus de la majorité des Français comme une période de promotions comme les autres (61%), qui incite à acheter des produits dont on n'a pas besoin (55%).
     
    • La place accordée aux soldes dans le budget dépend de l’intérêt pour cette période. Les Français les plus jeunes, plus nombreux à faire des achats pendant cette période, réduisent davantage leurs dépenses au préalable en prévision (37%, 12 points de plus que la moyenne). C’est également le cas des femmes, dans une proportion moindre (29%, 4 points de plus). A l’inverse, seuls 12% des Français âgés de 65 ans et plus font de même.
  • Cette vision des soldes comme un plus et non comme un indispensable se traduit dans les moyens de financement des achats. Pour leurs dépenses pendant cette période, les revenus habituels sont le principal financement utilisé par les trois quarts des Français (74%). Des proportions bien plus faibles utilisent des sources en dehors de leur budget comme leur épargne (20%), des facilités de paiement (13%) ou un crédit à la consommation (2%).
     
  • Le budget qu’ils envisagent de consacrer aux soldes est similaire pour les deux périodes de l’année : 145€ pour les soldes d’hiver, 140€ pour les soldes d’été. Depuis 2013, le budget envisagé pour les soldes estivales a peu évolué, enregistrant une légère progression de 10€. Avec cette enveloppe, les Français ont avant tout l’intention d’acheter des produits de mode (67% citent les vêtements, les chaussures ou de la maroquinerie), loin devant la décoration/les meubles (29%), l’électroménager (28%), les produits pour le bricolage/jardinage (26%) ou encore les produits TV/Hi-fi/High-tech (24%).
     
    • Logiquement, le budget dédié aux soldes varie selon les capacités financières des Français. Les foyers aux revenus les plus modestes ne dépasseront que de peu la centaine d’euros pour leurs achats (108€ en moyenne pour les soldes d’hiver, 111€ pour les soldes d’été). Près de la moitié d’entre eux envisagent même de dépenser 50€ ou moins (respectivement 43% et 44%). A l’inverse, le budget envisagé par les foyers qui disposent de 3500€ ou plus s’élève à 187€ pour les soldes d’hiver, 182€ pour les soldes d’été.

 

En conclusion, cette édition du Sofinscope a fait émerger plusieurs grands enseignements :

  • Les Français restent attachés au rituel saisonnier des soldes en France, auquel ils ne dérogent pas. La période des soldes est pour eux synonyme d’achats plaisir, d’achats en quantité et surtout de bonnes affaires.
     
  • Cet attachement est néanmoins fragilisé, mais pas rompu, par différents facteurs : la perception d’une moindre possibilité de faire de bonnes affaires aujourd’hui, des périodes de promotions qui se multiplient…
     
  • Le développement de l’e-commerce participe à ce détachement à l’égard des soldes car il met les bonnes affaires à portée de main des Français et cela, toute l’année. Il répond aux attentes financières des Français : avec un budget réduit, les Français sont à la recherche des promotions les plus intéressantes et des prix les plus bas, qu’ils trouvent plus en ligne qu’en magasin. Par ailleurs, l’e-commerce est une solution face aux craintes et aux contraintes liées à la situation sanitaire.
     
  • Si les avantages de l’e-commerce sont perçus par l’ensemble de la population, les Français les plus jeunes en sont des ambassadeurs tandis que les plus âgés – qui suivent néanmoins la tendance – trouvent encore de l’intérêt aux achats en magasin.
     

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