Le crédit renouvelable est un type de crédit qui permet de faire face à des dépenses imprévues ou de financer des projets personnels. Toutefois, son fonctionnement et les risques qui l'accompagnent nécessitent une réglementation stricte.

En France, le législateur a instauré des règles précises pour protéger les consommateurs et encadrer les pratiques des organismes prêteurs. Ces dispositions légales, inscrites dans le Code de la consommation (1)(Note de bas de page), garantissent une utilisation responsable de ce type de crédit tout en assurant une meilleure transparence aux emprunteurs.

Définition du crédit renouvelable

Le crédit renouvelable est défini dans l'article L312-57 du Code de la consommation (2)(Note de bas de page). Il permet à l'emprunteur de disposer d'une somme d'argent utilisable à sa convenance, dans une limite convenue avec le prêteur. Le contrat précise également les modalités de reconstitution du montant disponible grâce aux remboursements effectués.

Les montants et durées de remboursement maximum

L'article D312-27 du Code de la consommation (3)(Note de bas de page)  fixe les durées maximales de remboursement du crédit renouvelable en fonction des montants empruntés. Ces dispositions garantissent une gestion responsable de ce type de crédit et visent à prévenir le surendettement :

  • Pour un crédit inférieur ou égal à 3 000 €, la durée de remboursement ne peut excéder 36 mois (3 ans).
  • Pour un crédit supérieur à 3 000 €, la durée de remboursement est limitée à 60 mois (5 ans).

Ces plafonds de durée s'appliquent automatiquement aux crédits renouvelables, même lorsque l’emprunteur n’a pas atteint le montant maximum de la réserve disponible.

Les bases légales encadrant le crédit renouvelable

Le cadre législatif vise à prévenir les abus et le surendettement, tout en offrant une sécurité juridique aux deux parties.

Vérification de la solvabilité

Conformément à l'article L312-16 (4)(Note de bas de page), les prêteurs sont tenus de vérifier la solvabilité des emprunteurs avant la conclusion du contrat et à chaque reconduction annuelle. Cette démarche inclut notamment la consultation du Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP).

 

Durée et reconduction des contrats

Selon l’article L.312-80 (5)(Note de bas de page) du Code de la consommation, le contrat de crédit renouvelable est conclu pour une durée d’un an et peut être reconduit tacitement chaque année.

Toutefois, si le crédit ou le moyen de paiement associé n’a pas été utilisé pendant une période de douze mois, le prêteur ne peut prolonger le contrat qu’après avoir obtenu l’accord exprès de l’emprunteur ou après que celui-ci a confirmé sa volonté de poursuivre le crédit, conformément aux modalités prévues par la loi.

Informations obligatoires à fournir

Conformément à l’article L.313-7 du Code de la consommation (6)(Note de bas de page), avant la conclusion d’un contrat de crédit à la consommation, le prêteur ou l’intermédiaire doit remettre à l’emprunteur une fiche d’information précontractuelle normalisée européenne (FIPEN).

Cette fiche, dont le contenu est fixé par décret, présente de manière claire et comparable les caractéristiques essentielles du crédit, notamment le montant du prêt, le taux annuel effectif global (TAEG) intégrant tous les coûts, la durée et les modalités de remboursement, ainsi que les frais éventuels ou conditions particulières.

Les conséquences en cas de non-remboursement

En cas de retard ou de défaut de paiement sur un crédit à la consommation, l’emprunteur s’expose à plusieurs conséquences prévues par le Code de la consommation. Le prêteur peut exiger le paiement des sommes dues, appliquer des intérêts de retard et, après mise en demeure, engager une procédure de recouvrement.

Si l’impayé remplit les conditions d’un incident de paiement caractérisé, l’établissement de crédit a l’obligation de le déclarer à la Banque de France pour une inscription au FICP (articles L.751-1 (7)(Note de bas de page) et L.752-1 (8)(Note de bas de page) ), après un préavis permettant la régularisation. Cette inscription, conservée jusqu’à régularisation et au maximum 5 ans, limite fortement l’accès à de nouveaux crédits et peut compliquer d’autres démarches financières (location, souscription d’abonnements, etc.).

En cas de difficultés, il est recommandé de contacter rapidement le prêteur afin d’envisager un aménagement ou un rééchelonnement des remboursements avant que la situation ne s’aggrave.

Les taux d'usure et leurs implications

Le crédit renouvelable est soumis aux règles générales du taux d’usure prévues par l’article L. 314-6 (9)(Note de bas de page) du Code de la consommation. Ce texte définit comme usuraire tout prêt dont le taux effectif global (TAEG) dépasse de plus d’un tiers le taux effectif moyen pratiqué le trimestre précédent pour les opérations de même catégorie.

La Banque de France publie chaque trimestre les seuils correspondants, dont un barème spécifique aux crédits renouvelables selon le montant du prêt.

Ce mécanisme fixe ainsi un plafond légal que les établissements de crédit ne peuvent dépasser, afin de protéger les emprunteurs contre des taux excessifs susceptibles d’aggraver leur endettement.