Infographie sur le budget numérique et culture des français sofinscope by sofinco

A. L’inflation n’empêchera pas les Français d’acheter ou renouveler leurs équipements numériques
 

  • Selon les dernières statistiques de l’INSEE, l’inflation aurait encore accéléré au mois de mai 2022 et s’élèverait désormais à plus de 5%1. Pour autant, la situation actuelle ne semble pas affecter les intentions d’achat en matière d’équipements numériques. Pour l’année à venir, plus de la moitié des Français souhaiteraient acquérir des produits multimédias ou renouveler ceux qu’ils possèdent déjà : 55% citent au moins un équipement à acquérir ou à renouveler, soit une évolution de +14 points par rapport à 2020.
     
  • Les équipements qui s’inscrivent dans les habitudes personnelles et quotidiennes de mobilité des Français sont les plus plébiscités : le smartphone (24%, soit +8 points par rapport à la vague précédente) et l’ordinateur portable (17%, +6 points). D’autre part, et même si on aurait pu penser que la télévision amorçait son déclin en faveur des PC portables, les Français n’ont pas abandonné le petit écran. Les plateformes en ligne comme Netflix ou Amazon Prime, présentes également via les box TV, y jouent certainement un rôle. De fait, la télévision reste un équipement que 13% des Français aimeraient avoir ou renouveler (+6 points) et se place ainsi en troisième place des produits multimédias les plus convoités.
     
    • Le désir d’achat ou de renouvellement d’équipements varie selon l’âge. 67% des personnes de moins de 35 ans espèrent acheter ou renouveler au moins un équipement numérique dans l’année à venir contre 45% des personnes âgées de 50 ans ou plus. Nés avec les technologies numériques, les jeunes aimeraient davantage se procurer ou renouveler un smartphone (33% vs 16% pour leurs aînés), un ordinateur portable (20% vs 13%) ou un objet connecté (14% vs 5%).
       
    • De manière générale, les personnes déjà équipées sont plus susceptibles de vouloir acquérir (à nouveau) des équipements dans l’année à venir, que ceux qui chercheraient à en posséder pour la première fois. Ainsi, les Français qui ont déjà un smartphone sont plus enclins à vouloir en acquérir un plus récent cette année (25%) que ceux qui ont, jusqu’aujourd’hui, fait de la résistance aux Iphone et autres Samsung (5%). 17% des personnes équipées en ordinateur portable devraient le renouveler dans l’année à venir, contre 13% de primo-acquéreurs. Ceux qui ont déjà une tablette ont plus tendance à vouloir la remplacer en en achetant une nouvelle (9%) que ceux qui n’en ont jamais possédé (4%).
       
  • Pour financer ces achats, les Français qui souhaitent acquérir des équipements technologiques envisagent avant tout d’avoir recours à des moyens qu’ils ont déjà à disposition. Ils privilégieraient donc leurs revenus habituels (54%) ou leur épargne (30%). Même si cette option n’est pas celle qu’ils mentionnent en premier, les facilités de paiement sont tout de même choisies par un Français sur quatre (25%). 3% citent pour leur part un crédit à la consommation.
     
  • Reste que, en dépit de ces intentions d’achat à la hausse, le budget que les Français déclarent consacrer aux équipements technologiques ne connait que peu d’évolution. En 2022, l’enveloppe moyenne annuelle dédiée à l’acquisition de matériels et produits technologiques s’élève à 459 euros. Deux ans plus tôt, le budget des Français atteignait les 440 euros. Il s’agit donc d’une progression de 19 euros par rapport à 2020, soit une augmentation modérée de 4%. La possibilité de renouveler plus fréquemment ses équipements tout en maintenant un budget relativement stable peut notamment s’expliquer par les évolutions observées dans le secteur du multimédia. Le marché du reconditionné et ses nombreuses plateformes de vente (Backmarket, Rakuten ou encore Largo et Smaaart) ont, en partie, participé aux prix bas pratiqués sur l’électronique. Ce même constat avait déjà pu être dressé dans l’étude menée pour Sofinco sur le marché de l’occasion en décembre 2021 : alors que près des deux tiers des Français déclaraient être à la recherche de moyens de faire des économies avec la crise sanitaire, ils étaient autant à déclarer que les arguments financiers étaient une raison motrice d’acheter des produits de seconde main (67%)2.
     
    • Notons que les Français qui utiliseraient leurs revenus habituels pour acheter un nouvel appareil font état d’un budget plus élevé que la moyenne (52% contre 39% des Français ayant un budget de 394 euros et plus).
       
    • Les personnes avec un diplôme supérieur à Bac+2 et les catégories socioprofessionnelles aisées ont un budget plus conséquent (respectivement 649 et 621 euros en moyenne) que la moyenne. A l’inverse, les habitants de province (429 euros) et les personnes dont le foyer gagne moins de 2 000 euros par mois (313 euros) déclarent un budget moindre par rapport à l’ensemble des Français.
       
  • Parallèlement à l’intérêt qu’ils portent aux équipements multimédias, les Français font état d’une multitude d’abonnements en ligne, notamment les abonnements permettant des loisirs culturels. Bien qu’ils déclarent ne pas vouloir payer pour des loisirs culturels en ligne (84%), les Français ne rechignent pas à payer pour ces abonnements… Mais à un prix qui doit leur sembler juste, puisque plus de huit Français sur dix considèrent ne pas dépenser trop en loisirs (82%).
     
  • Les abonnements pour lesquels le budget mensuel d’un foyer français est le plus élevé sont, de loin, les abonnements numériques classiques, c’est-à-dire les abonnements liés à Internet, à la téléphone fixe/mobile et à la télévision. Un constat logique au vu des équipements privilégiés par les Français. Les abonnements numériques classiques s’élèvent, en moyenne, à 57 euros (selon 82% des Français possesseurs). Viennent ensuite les abonnements aux plateformes de films ou de série, 19 euros en moyenne (selon 45% des Français possesseurs), puis les abonnements de presse en ligne, 11 euros (selon 14% des Français possesseurs).

B. Les crises profitent au développement des loisirs culturels en ligne
 

  • De manière générale, les Français sont près de deux tiers à déclarer que les loisirs culturels sont une partie importante de leurs loisirs (63%). Or, depuis les crises consécutives, à savoir la crise sanitaire de la Covid-19 d’abord et la crise en Ukraine ensuite, les Français font évoluer leurs pratiques culturelles vers plus de numérique.

    ​​​​1. La crise sanitaire

    La crise sanitaire due à la Covid-19 a favorisé la transition des loisirs culturels traditionnels vers des loisirs culturels en ligne. En effet, pendant plusieurs mois, les Français ont été soumis à des restrictions de déplacement et confinés. Dès lors, 47% des Français déclarent que la crise sanitaire a transformé leurs habitudes en matière de loisirs culturels.
     
  • C’est le cas notamment pour les personnes de moins de 50 ans (52%), les personnes issues des catégories socioprofessionnelles populaires (54%), les couples avec enfants (61%), les familles de 5 personnes et plus (70%), les familles avec enfants de moins de 18 ans au sein du foyer (56%). Ce sont autant de profils qui ont dû adapter leurs pratiques culturelles pendant la crise sanitaire.
     
  • Alors qu’à ce jour un semblant de retour à la « normalité » s’impose, cette mutation ne s’est pas interrompue, bien au contraire. Aussi, 62% des Français reconnaissent passer autant de temps de loisirs devant les écrans aujourd’hui que pendant la crise.

    2. La crise en Ukraine
    À la suite de la crise sanitaire, la crise en Ukraine est survenue et les conséquences de l’inflation sont ressenties par l’ensemble des Français. Ainsi, s’ils n’envisagent pas de renoncer à renouveler leurs équipements multimédias, car ils arrivent à contenir leurs coûts, ils anticipent une chute de leur pouvoir d’achat. Dans ce contexte, près de huit Français sur dix avouent reconsidérer les loisirs gratuits (78%). Dès lors, les loisirs sur écran qui, aux yeux de 58% des interviewés coûtent moins chers que les loisirs hors écran, voient leur attractivité plus que jamais renforcée.
     
  • En bref, tout semble converger vers une priorisation des loisirs culturels en ligne.

C. Les Français ne veulent pas renoncer aux loisirs culturels ‘physiques’

  • Les Français semblent faire une distinction entre les loisirs culturels en ligne pour lesquels un support est nécessaire et les loisirs culturels « vivants », distinction qui s’observe dans leurs pratiques culturelles en ligne. Les loisirs qui impliquent un médium, écouter un morceau, lire un journal ou visionner un film, comptent parmi les pratiques culturelles régulières des Français sur Internet. 74% y écoutent de la musique, 68% y lisent la presse, 65% regardent des séries et 62% des films.
     
  • Assister à des webinars ou à des conférences (29%), visiter une exposition (28%), regarder un spectacle ou une pièce de théâtre (28%) ou assister à un concert (23%) sont des pratiques moins intégrées. Traditionnellement ces différentes activités nécessitent de se déplacer au théâtre, au musée, etc. Les Français rattachent sans doute chacun de ces loisirs à leur lieu de référence et ne sont pas encore habitués à les pratiquer en ligne. Ce sont d’ailleurs ces types de loisirs en ligne qui ont le moins survécu à « l’après-crise ». Aujourd’hui, une majorité de Français visite une exposition (39%), assiste à un concert (39%) ou regarde un spectacle (33%) sur Internet moins souvent que pendant la crise sanitaire (contre une minorité qui le fait davantage).
  • Ainsi, si certaines activités culturelles en ligne sont plus intégrées que d’autres, il n’en demeure pas moins que les Français demeurent attachés aux loisirs physiques : seule une minorité d’entre eux espère l’avènement des activités culturelles numériques au détriment des activités culturelles ‘physique’ (21%). Et en effet, rares sont ceux qui se disent prêts à passer au tout-numérique : 23% seulement seraient disposés à ne plus acheter de livres papier et lire uniquement des livres numériques (dont seulement 7% qui le feraient certainement), 34% à suivre le concert de leur artiste préféré en direct en ligne plutôt que dans la salle (8% de oui, certainement).
     
  • Par ailleurs, les Français ne semblent pas disposés à modifier leurs habitudes, même concernant leurs activités culturelles virtuelles les plus intégrées. Seulement 18% d’entre eux seraient prêts à payer une taxe pour compenser l’impact carbone du visionnage de contenus en streaming.
     
    • Les personnes de moins de 35 ans (26%) ou encore les personnes issues des catégories socioprofessionnelles aisées (26%) sont des profils qui pourraient plus facilement envisager de payer une taxe pour la neutralité carbone.
       
  • In fine, pour certaines activités culturelles, en particulier les activités « vivantes », le numérique est perçu comme une forme de « palliatif », et non pas comme une révolution. Il a, certes, permis à plus d’un Français sur deux de conserver des activités culturelles pendant la crise sanitaire (58%). Cependant, les Français sont davantage attachés aux activités culturelles ‘physiques’. Ils sont une majorité (85% dont 45% de oui certainement) à manifester leur préférence pour les activités culturelles ‘physiques’ face aux activités culturelles en ligne qui ne seront jamais aussi bien. Et pour cause, 62% déclarent même qu’ils attendaient avec impatience la fin des restrictions sanitaires pour se rendre dans des lieux culturels.

En conclusion, cette édition du Sofinscope a fait émerger plusieurs grands enseignements :

  • En 2022, les Français expriment le souhait d’acheter ou renouveler leur parc numérique. Et malgré l’inflation, le budget dédié à date ne devrait pas évoluer par rapport à 2020.
     
  • Au regard des dépenses en matière d’abonnement, les abonnements numériques classiques liés à Internet sont ceux qui pèsent le plus dans le portefeuille des Français.
     
  • Le futur ne sera pas tout de suite tout-digital. En effet, même si les équipements numériques font partie intégrante de notre quotidien et que les Français souhaitent en acquérir ou les renouveler dans les douze prochains mois, le numérique a été une porte de sortie virtuelle pendant un temps limité. Dès la fin de la crise, les Français ont en partie repris leurs habitudes culturelles traditionnelles.
     
  • Les Français sont attachés aux loisirs culturels qui sont une partie importante de leurs loisirs. Ils distinguent néanmoins les loisirs culturels en ligne et les loisirs culturels vivants et ‘physique’ qu’ils affectionnent particulièrement.
     
  • En définitive, si certains loisirs culturels du quotidien sont bien intégrés dans les pratiques numériques, tous n’ont pas vocation à embrasser la forme digitale. Les loisirs culturels dits « vivants » pour lesquels une mobilité est nécessaire, comme visiter une exposition ou assister à une conférence, font partie des loisirs culturels traditionnels que les Français préservent des nouvelles technologies.
     

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