Infographie sur le budget transports des français sofinscope by sofinco

A. Le contexte post-crise sanitaire profite aux modes de transport durables
 

  • La crise sanitaire a eu un impact à long terme sur les habitudes des Français en termes de déplacement. Tout d’abord, la réduction des déplacements, imposée par les confinements et les restrictions durant les deux dernières années, perdure encore en 2022, alors que le quotidien revient « à la normale ». 57% des Français déclarent se déplacer aujourd’hui moins qu’avant la crise sanitaire (+3 points, 20% sont tout à fait concernés par cette affirmation). La crise sanitaire a par ailleurs fait évoluer les modes de transport. Quatre Français sur dix constatent qu’elle les a fait reconsidérer leurs modes de déplacement quotidiens (39%, +4 points). Plus spécifiquement, 45% des Français interrogés reconnaissent utiliser aujourd’hui davantage la marche à pied ou le vélo qu’avant la crise sanitaire (+6 points).
     
    • Les jeunes ont notamment revu leurs modes de déplacement quotidiens : 47% des moins de 35 ans se déclarent concernés alors qu’ils sont 29% parmi les 65 ans et plus. Ils se sont notamment tournés vers la marche à pied ou le vélo qu’ils estiment utiliser plus qu’avant (50%).
       
    • Logiquement, les actifs qui télétravaillent au moins plusieurs jours par semaine ont davantage réduit leurs déplacements depuis la crise sanitaire : 69% se déplacent aujourd’hui moins qu’avant la crise sanitaire contre 50% de ceux qui ne télétravaillent pas.
       
  • Cette tendance est confirmée lorsqu’on analyse leurs modes de transports quotidiens, les mobilités douces progressant nettement. La marche s’est particulièrement installée dans les habitudes : 44% des Français déclarent aujourd’hui marcher pour se déplacer au quotidien, soit 6 points de plus qu’en 2020. Avec la fin des restrictions de déplacement et la généralisation de la vaccination qui réduit l’inquiétude liée aux contaminations, le recours aux transports en commun repart également à la hausse. 28% les utilisent au quotidien (8 points de plus qu’en 2020), empruntant soit le métro/RER (14%, +4 points), l’autobus (12%, +4 points) ou encore le tramway (8%, +2 points). Enfin, le vélo progresse également et est aujourd’hui pratiqué au quotidien par 14% des Français (+3 points).
     
    • L’utilisation du vélo a notamment progressé dans les zones les plus urbanisées (19% dans les agglomérations de 100 000 habitants et plus, +5 points ; 17% dans l’agglomération parisienne, +10 points).
       
    • La marche est privilégiée par les Français les plus âgés (59% des 65 ans et plus, -1 point) et les habitants de l’agglomération parisienne (59%, +7 points).
       
  • La voiture reste néanmoins le moyen de transport principal des Français : 71% l’utilisent quotidiennement pour se déplacer (+1 point). Eprouvant une certaine dépendance à l’égard de ce moyen de transport1, les Français reconnaissent que la voiture demeure aujourd’hui la solution la plus adaptée pour se déplacer au quotidien. Les deux tiers d’entre eux considèrent en effet que les moyens de transport durables ne sont pas compatibles avec leur mode de vie (64%). La commodité des modes de transport est en effet un critère de choix essentiel : près d’un Français sur deux justifie le choix de son mode de transport quotidien par le fait qu’il soit le plus pratique (45%). Par ailleurs, le choix par défaut est la deuxième raison évoquée : 39% n’ont pas d’autre alternative (+5 points).
     
    • Les déplacements en voiture sont particulièrement répandus dans les communes rurales (90%) et les petites agglomérations de moins de 20 000 habitants (85%), dans lesquelles les modes de transport disponibles sont plus limités. Dans ces agglomérations, la majorité des Français déclare ne pas avoir d’alternative en termes de moyen de transport (61% dans les communes rurales, 53% dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants).
       
  • Conscients toutefois de l’impact environnemental de leurs déplacements, les Français envisagent de s’équiper pour favoriser les mobilités durables dans leur quotidien. Près d’un Français sur deux reconnait que ses déplacements quotidiens ont un impact négatif sur l’environnement (44%) et pour les trois quarts d’entre eux, il est important de réduire l’impact environnemental de ces déplacements (72%). Ils projettent ainsi d’investir à court terme dans des modes de transport plus respectueux de l’environnement. Leur intérêt se porte notamment vers les voitures électriques ou hybrides (21% ont l’intention d’en acheter une). La vente de véhicules électriques/hybrides a en effet bondi depuis trois ans. Alors qu’en 2019, 3% des voitures neuves vendues étaient électriques/hybrides, ce chiffre s’élève aujourd’hui à 20% selon les dernières informations publiées par la Plateforme automobile (PFA)2. Par ailleurs, 29% envisagent de se procurer un vélo ou une trottinette (+11 points). Les vélos électriques retiennent l’attention de 18% des Français (+8 points), tandis que 13% envisagent d'acheter un vélo classique (+3 points), 10% une trottinette électrique (+3 points), 5% une trottinette classique (stable).
     
    • De manière générale les jeunes, sans doute moins équipés, envisagent plus que leurs aînés d’investir dans les différents moyens de transport. 25% des moins de 35 ans émettent l’intention de se procurer une voiture électrique/hybride (contre 15% des 65 ans et plus) ou 19% un vélo électrique (contre 13%).
       
    • Les Français dont les revenus sont les plus élevés (3500€ et plus) manifestent un peu plus souvent leur intérêt pour les véhicules électriques/hybrides, mais l’écart avec les personnes aux revenus les plus faibles se révèle très contenu. 26% des revenus les plus élevés envisagent d’en acquérir un dans les 12 prochains mois contre 19% de ceux qui gagnent moins de 2000€ par mois.

B. Le budget transport grève le porte-monnaie des Français
 

  • Les transports constituent un poste de dépenses de plus en plus lourd pour les Français. Tandis qu’ils étaient une minorité à les considérer comme une charge financière importante dans leur budget en 2020, 55% d’entre eux partagent aujourd’hui ce sentiment (+10 points).
     
    • Les actifs de manière générale et notamment ceux qui ne peuvent pas télétravailler insistent sur la charge que représentent les transports (respectivement 68% et 70%).
       
  • Dans les faits, le budget mensuel qu’ils consacrent aujourd’hui aux transports est en forte hausse. Les Français allouent désormais 174€ en moyenne aux transports3 soit 45€ de plus qu’en 2020 (autrement dit, 35% d’augmentation en l’espace de deux ans) ; ce niveau n’avait pas été atteint depuis le milieu des années 2010. Au-delà de l’augmentation logique due à la fin des restrictions de déplacement, l’inflation et en particulier la hausse des prix du carburant ont un impact massif sur le montant de la facture mensuelle (évalué à 143€ en octobre 2019, le budget transport a augmenté de 18% sur la période avant et après la pandémie).
     
    • Auprès des Français qui utilisent uniquement la voiture, la moto ou le scooter, le budget moyen dédié aux transports connait une hausse sensible, +64€, et dépasse désormais la barre des 200 euros (216€ chaque mois). En comparaison, les Français qui ont recours uniquement à d’autres modes de transport dépensent 105€ (+25€).
    • Le budget transports augmente également nettement pour les Français qui possèdent un vélo (197€ mensuellement, +62€), augmentation qui peut être imputée aux possibles frais d’entretien plus réguliers dus à une utilisation plus fréquente.
       
  • Parmi les critères de choix de son mode de transport, le prix est celui qui cette année, sans surprise, progresse le plus. Cité par 31% des Français (+7 points), il devance désormais le confort (25%) et est le 4ème critère le plus important (derrière l’aspect pratique, l’absence d’alternative et le temps de trajet). La question budgétaire prime sur les préoccupations écologiques. Seuls 15% des Français font de l’impact sur l’environnement/la pollution un critère de choix principal, cet argument se plaçant en 7ème position.
     
    • Le prix revêt une importance particulière pour les Français aux revenus les plus modestes : 36% de ceux qui gagnent moins de 2000€ par mois le considèrent comme un critère primordial (3ème critère) quand ils sont 28% parmi ceux dont le revenu est supérieur ou égal à 3500€ et plus (4ème critère).
       
  • Cette flambée des prix a pour conséquence d’inciter les Français à diversifier voire changer leurs modes de transport en favorisant les mobilités durables. Les deux tiers envisagent en effet de réduire leur utilisation de la voiture avec la hausse des prix du carburant (65%) et 36% ont envie d’acheter un véhicule électrique/hybride à cause de cette augmentation.

C. Le passage aux mobilités durables, un autre enjeu budgétaire à dépasser

  • Si les Français semblent ouverts aux mobilités durables, la question du budget reste néanmoins centrale. Plus d’un Français sur deux aimerait acheter un véhicule électrique/hybride mais estime ne pas en avoir les moyens (56%). Les nouveaux modes de financement des achats et les facilités de paiement sont des solutions pour pallier ce manque de moyens. Lorsqu’on interroge les utilisateurs de voiture, de moto ou de scooter sur les potentielles incitations à choisir des modes de transport individuels moins polluants, les facilités de paiement ressortent en premier lieu, citées par 28% d’entre eux. Par ailleurs, 18% évoquent une participation financière de leur employeur à l’entretien de leur mode de transport (vélo, trottinette, rollers, véhicules hybrides/électriques) et 8% la prise en charge par l’employeur d’un abonnement de vélos en libre-partage. Finalement, plus de la moitié des Français concernés seraient prêts à sauter le pas grâce à une incitation financière (54%).
     
    • Auprès des salariés, la participation financière de l’employeur à l’entretien du moyen de transport (25%) est la première incitation devant les facilités de paiement (23%).
  • Les facilités de paiement sont de plus en plus envisagées par les Français qui souhaitent passer aux mobilités durables. Pour acquérir un véhicule électrique, près de la moitié de ceux qui prévoient de le faire auraient recours à un crédit (44%), soit un crédit à la consommation (23%) soit un prêt auto (21%). En ce qui concerne les autres modes de transport, moins onéreux, les Français utiliseraient avant tout un paiement fractionné : 18% pour un vélo électrique (+3 points), 12% pour un vélo classique (+3 points), 14% pour une trottinette classique (-3 points). La location est également considérée par une partie des Français, notamment pour investir dans une voiture électrique/hybride (9% auraient recours à une LOA ou une LLD). Le paiement comptant reste néanmoins la première solution de financement imaginée, quel que soit le mode de transport.
     
    • Les Français qui gagnent moins de 2000€ par mois regrettent notamment un manque de moyens pour investir dans un véhicule électrique/hybride (60%). Auprès de cette population, le paiement à crédit devance le paiement comptant : ceux qui envisagent d’acheter un véhicule propre dans l’année à venir le paieront avant tout grâce à un prêt auto (21%), un crédit à la consommation (20%) ou un paiement fractionné (18%).
       
  • Notons que le bénéfice écologique lié aux véhicules électriques pose question pour les Français. Malgré des intentions d’achat réelles, un certain scepticisme demeure : les trois quarts des personnes interrogées trouvent en effet que les véhicules électriques sont de fausses bonnes alternatives durables (73%). Dans la dernière vague du baromètre OpinionWay – Ademe sur les nouvelles technologiques de l’énergie, un quart des Français jugeait que les véhicules électriques avaient un impact négatif sur l’environnement, une perception qui a gagné 5 points entre 2021 et 2019. Il s’agit de l’impact le plus sévèrement évalué parmi cinq dimensions testées (la qualité de vie des utilisateurs au quotidien, l’environnement, l’économie de la France, la santé des utilisateurs, la sécurité des utilisateurs). En cause, leur contribution à l’épuisement des ressources rares qui composent les batteries des véhicules électriques, les impacts environnementaux liés à la production d’électricité ou encore le manque de filière de recyclage des batteries4.

En conclusion, plusieurs grands enseignements se dégagent de cette étude :

  • Le budget transports des Français pâtit des effets croisés de la fin des restrictions de déplacement, de l’inflation et de la hausse des prix du carburant. La question du coût gagne ainsi en importance parmi les préoccupations des Français en matière de transports.
     
  • Ces préoccupations budgétaires s’ajoutent aux habitudes prises pendant la crise sanitaire et profitent aux mobilités durables. Si la voiture reste le mode de transport privilégié des Français, les autres modes de déplacement prennent leur place dans leur quotidien : la marche, le vélo, la trottinette, les transports en commun…
     
  • Incités à diversifier voire changer leurs modes de placement pour des moyens plus durables, parfois onéreux dans le cas des véhicules électriques, le financement est un critère essentiel. Les facilités de paiement sont ici une solution et une incitation non négligeables pour permettre aux Français de s’équiper.
     
  • Si le bénéfice écologique des autres modes de transport non thermiques paraît évident, les Français restent à convaincre quant à celui des véhicules électriques.
     

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