Sablieremoji
Vous avez des projets en attente...

Reprenez là où vous en étiez grâce à l'historique de vos simulations et demandes de crédit.

Besoin d'aide ?

Infographie les français et leur budget transport

A. Les transports en commun subissent les effets de la crise sanitaire
 

  • La conjoncture de l’épidémie de Covid-19 a eu un impact sensible sur les moyens de transport utilisés au quotidien par les Français. En effet un tiers d’entre eux reconnait que la crise leur a fait reconsidérer leurs modes de déplacement quotidiens (35%).
    • Plus précisément, les personnes âgées de moins de 50 ans ont plus souvent revu leurs modes de déplacement (42% d’entre eux) que leurs aînés âgés de 50 ans et plus (seulement 28%). Et pour cause, les premières prennent plus souvent les transports en commun (25% contre 14%), lesquels sont particulièrement redoutés dans le contexte de crise sanitaire. 
    • Par extension, la distinction s’opère également entre les actifs, qui sont 42% à avoir changé leurs habitudes, et les retraités (27%). Ce tropisme, est d’ailleurs logiquement plus urbain que rural : 40% des habitants des villes de 100 000 habitants ont changé leurs modes de déplacement, contre 28% des habitants des communes rurales.
       
  • Ce bouleversement des pratiques affecte tout particulièrement les transports en commun qui, aujourd’hui comme pendant le confinement, subissent les effets de la crise. Il s’agit en effet d’un mode de transport qui cristallise les angoisses : 64% des Français ont peur de prendre le bus, le métro ou encore le tram. C’est plus souvent le cas pour les personnes en situation de télétravail (75%) que celles qui ont continué de se rendre sur leur lieu de travail. Pour la très grande majorité, les transports en commun sont un lieu à risque où le coronavirus circule activement (83%). Cela s’explique notamment par le non-respect des mesures sanitaires en leur sein aux yeux des Français, 60% des personnes interrogées estimant que les mesures sanitaires (masques, distanciation, etc.) n’y sont pas suffisamment respectées.
     
  • Ainsi, le recours quotidien aux transports en commun ne concerne plus que 20% des Français, une proportion en baisse de 6 points par rapport à l’an dernier. Cette baisse concerne surtout l’autobus (8% d’utilisateurs quotidiens, - 5 points) mais se retrouve aussi sur tous les types de transports en commun puisque le métro et le RER tombent à 10% d’utilisateurs (-2 points) et le tramway à 6% (-2 points également).
     
    • L’utilisation des transports en commun est marquée par de profondes disparités. Ils sont ainsi un moyen de déplacement majoritaire parmi les plus jeunes qui n’ont potentiellement ni les moyens de posséder une voiture ni le permis. Ainsi près d’une personne de 18 à 24 ans sur deux (49%) déclare utiliser les transports en commun contre 14% des 50 ans et plus.
    • Evidemment, cette utilisation est également très urbaine : elle concerne 27% des résidents des villes de plus de 100 000 habitants et 45% des habitants d’agglomération parisienne contre 6% des Français issus des territoires ruraux.
       
  •  Cette dynamique d’évitement des transports en commun devrait s’inscrire dans la durée au moins sur le court-moyen terme, deux tiers des personnes interrogées déclarant qu’elles vont éviter les transports en commun autant que possible dans les prochains mois (65%)… Une désertion des transports en commun qui est certes due à la crainte que suscitent ces modes de déplacement publics mais aussi à l’impact qu’a pu avoir les restrictions en matière de liberté de mouvement pendant le confinement.

 

B. Un bouleversement des pratiques qui n’avantage que modérément les autres moyens de transport…
 

  • Car concrètement, les Français ont surtout réduit leurs déplacements. Un Français sur deux affirme en effet moins se déplacer aujourd’hui qu’avant la crise sanitaire (54%). C’est d’autant plus le cas dans les secteurs d’activité où le télétravail est rendu possible. Ainsi, 70% des Français en télétravail déclarent se déplacer moins qu’avant la crise sanitaire, ce qui n’est le cas que de 48% de ceux qui ont continué à se rendre sur leur lieu de travail.
       
  • Finalement, si un Français sur quatre déclare utiliser davantage la voiture aujourd’hui qu’avant la crise sanitaire (25%), la part de Français ayant recours quotidiennement à ce moyen de transport évolue peu au regard de la situation actuelle : 70%, en augmentation de deux points par rapport à l’an dernier, soit une évolution modérée qui reste dans la marge d’erreur statistique. Il convient d’ailleurs de noter que ce chiffre reste plus faible que ce qui avait été enregistré entre 2012 et 2017 (entre 71% et 76%) et qu’il est équivalent à celui de 2018 (70%) même si son utilisation en tant que mode déplacement quotidien tendait plutôt à décroitre sur ces dernières années. Quoi qu’il en soit, la voiture demeure de loin le moyen de transport le plus plébiscité des Français.
     
    • Les différences persistent selon les catégories de population : ainsi, les plus de 35 ans sont 74% à affirmer qu’ils l’utilisent, un pourcentage qui grimpe à 80% chez les 50-64 ans. A l’inverse, cette proportion n’est que de 59% chez les moins de 35 ans.
    • Là où les transports en commun sont une réalité urbaine, la voiture est une réalité plus rurale, 89% des habitants de communes rurales utilisant avant tout leur voiture pour les déplacements du quotidien, contre près de deux tiers pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants (64%) et seulement 36% des habitants de l’agglomération parisienne.
    • Enfin, la voiture est aussi un marqueur social dans les déplacements du quotidien, puisqu’elle est bien plus utilisée par les ouvriers (83%) que par les cadres et professions intellectuelles supérieures (58%).
       
  • De la même manière, l’utilisation des mobilités douces n’enregistre pas de réelle évolution : 12% ont recours à des moyens doux dans le cadre de leurs déplacements quotidiens (stable), que sont le vélo (11%, stable) la trottinette, le roller, la planche à roulettes et autres (2%, +1 point). De même, pour les déplacements de tous les jours, les Français ne sont pas plus nombreux à privilégier la marche que l’an passé (41%, -3 points). Ainsi fait-on davantage le constat d’usagers qui ont diminué leurs déplacements que révolutionné leurs habitudes.


C. ... et qui avantage le portefeuille des Français
 

  • Ce bouleversement des pratiques a des conséquences directes sur leur budget transports : alors qu’au cours des deux dernières années, les Français estimaient majoritairement que ce budget tendait à augmenter (58% pensaient cela en 2018 et 51% en 2019). ils sont désormais plus nombreux à voir leur budget diminuer : 62% (+20 points) ou se stabiliser : 11% (+5 points). De ce fait, près d’un Français sur deux reconnaît que la crise a eu un impact positif sur son budget transport (45%).
     
    • Cette réalité n’est pas vécue de la même manière par tout le monde : en effet, les cadres et professions intellectuelles supérieures déclarent davantage qu’ils ont pu faire des économies sur les transports (59%) que les ouvriers (46%). Cela vient illustrer une nouvelle fois les inégalités d’accès au télétravail : les cadres, bien plus nombreux à avoir pu opter pour le travail à distance, sont logiquement plus nombreux à avoir le sentiment d’avoir fait des économies.
  • Plus concrètement, les Français estiment à 129 € leur budget mensuel consacré aux transports (billets, abonnements, carburants, entretien, garage, assurance, parking). Cette estimation est en diminution de 14 € et n’a jamais été aussi faible depuis le début de ce baromètre en 2012 ; elle est désormais à un niveau inférieur de 100 € à celui observé lors de la première vague du baromètre (elle était alors de 227 €).
     
    • Cependant, le poids de cette charge dans le budget des Français oscille selon leur situation géographique. Elle est ainsi, en moyenne, beaucoup plus lourde pour les habitants des communes rurales (178 €) que pour les habitants des grandes villes, où le montant du budget descend sous la barre des 100 € en s’établissant à 99 €.
       
  • Parmi les pistes envisagées pour réduire leurs dépenses de transport quelques-unes se démarquent particulièrement. La première est celle d’opter pour un véhicule consommant moins (29% stable), preuve que la voiture reste l’indétrônable moyen de déplacement privilégié. L’autre serait de recourir davantage au télétravail (17%), une solution qui bénéficie d’une progression de 5 points en un an et qui enregistre un taux record, dans le contexte de sa généralisation pendant les deux mois de confinement.
     
    • Ces deux solutions sont envisagées tout à fait inégalement selon l’origine géographique des personnes interrogées. La voiture étant le moyen de transport privilégié des habitants issus des communes rurales, l’investissement dans un véhicule consommant moins est envisagé par 39% de ces derniers contre 25% des habitants des villes de plus de 100 000 habitants.
    • En revanche, la perspective de faire davantage de télétravail est davantage citée par les habitants de l’agglomération parisienne (20%, contre 13% dans les communes rurales moins bien desservies par Internet) et les cadres (43%, contre 13% pour les ouvriers). Elle l’est aussi par ceux étant en télétravail en ce moment (45%).
       

D. Le monde d’après : des déplacements plus responsables ?
 

  • Aujourd’hui, seuls 12% des Français affirment utiliser le plus souvent des moyens doux (vélo, trottinette, rollers) pour leurs déplacements quotidiens.
     
    • Il s’agit principalement des plus jeunes (23% des 18-24 ans), le plus souvent dans un cadre urbain (15% des répondants issus d’une ville de plus de 100 000 habitants, contre 7% des communes rurales aux axes peu adaptés à ce type de moyens de transport). Pour autant, contrairement à certaines idées reçues, seuls 9% des habitants de l’agglomération parisienne utilisent ce type de mobilités. Ces derniers optent en fait surtout pour la marche quand cela est possible (52% contre 20% en zone rurale).
    • Enfin, les mobilités douces sont plutôt privilégiées par les cadres et professions intellectuelles supérieures (18%) que par les employés (9%) ou ouvriers (5%).
       
  • Les intentions d’achat de vélo ou de trottinette s’avèrent par ailleurs limitées : 18% imaginent acheter l’un et/ou l’autre. Dans le détail, le vélo reste préféré à la trottinette (16% contre 8%), aussi bien dans sa version classique qu’électrique (10% chacun).
     
    • Ce sont principalement les moins de 35 ans qui souhaitent investir dans ces mobilités pour l’année à venir : 19% d’entre eux envisagent ainsi d’acheter un vélo classique, contre 7% des plus de 35 ans.
    • Ces moyens de transports peinent cependant à convaincre les utilisateurs exclusifs de voiture : ils ne sont que 7% à envisager l’achat d’un vélo électrique par exemple.
       
  • Et de fait, la voiture, moyen de transport privilégié des Français, reste aussi le premier type de véhicule que les Français envisagent d’acheter dans l’année à venir (22%). Si cela représente un investissement, 40% imaginent le régler payer comptant avant tout, même si 23% des Français opteraient pour un crédit à la consommation et 17% un prêt auto/moto.
     
    • L’achat d’une nouvelle voiture est par ailleurs très marqué socialement. Indispensable au quotidien pour les catégories professionnelles obligées de se rendre sur leur lieu de travail dans les territoires sans transports en commun, les ouvriers sont 36% (contre 22% pour l’ensemble de la population) à envisager l’achat d’une nouvelle voiture.
    • C’est aussi le cas pour les familles avec enfants, lesquelles sont 30% à réfléchir à cet investissement là où les foyers sans enfants ne sont que 19% à le faire.
       
  • Pour envisager renoncer à leur voiture, scooter ou moto en faveur de moyens moins polluants comme les vélos, les utilisateurs se déplaçant grâce à des véhicules individuels motorisés demandent l’aménagement de pistes cyclables sur leur trajet domicile/travail (42%). Le fait que cette solution gagne 9 points par rapport à 2019 souligne ainsi le frein majeur qu’a pu constituer au cours des derniers mois et dernières années l’absence de pistes.
     
    • D’ailleurs, cette requête fait l’objet de différents points de vue selon les catégories d’agglomération. Plus celle-ci est grande, moins la demande est forte. Ainsi, les habitants de l’agglomération parisienne – qui ont vu leur maire faire évoluer ce type d’aménagement au cours des dernières années – ne sont que 24% à l’évoquer, contre 36% des habitants d’autres agglomérations de plus de 100 000 habitants. Ce chiffre grimpe à 50% dans les communes rurales.
       
  • Reste qu’aujourd’hui les utilisateurs quotidiens de voiture semblent attachés à leur moyen de déplacement privilégié qui leur garantit certains avantages auxquels ils sont particulièrement attachés comme la praticité (53% contre 45% pour ceux n’utilisant ni la voiture ni les moto/scooter), le confort (31% contre 18%) et la sécurité (27% contre 21%), critère ayant gagné en importance depuis le début de la crise sanitaire, avec une hausse de 5 points.
     
  • L’impact sur l’environnement n’arrive qu’en septième position au global (12%) et perd 3 points. Si ce dernier critère monte à 29% parmi les utilisateurs de moyens doux, il n’en demeure pas moins qu’il est relégué à la cinquième position des critères prioritaires pour ces derniers, derrière le temps de trajet (42%), la praticité (38%), le coût (37%) et le confort (31%).
     

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignemennts :

  • Après six mois de crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, les habitudes des Français en matière de transports ont changé. Ainsi, ils ont considérablement réduit leurs déplacements et évitent autant que possible les transports en commun, qui sont l’objet d’angoisses profondes. Dans ce contexte, la voiture consolide d’ailleurs son statut de moyen de transport préféré des Français.
     
  • Ces nouvelles habitudes ont des avantages véritables en termes de budget, puisque le budget alloué aux transports par les Français a atteint cette année un niveau historiquement bas et cette tendance à la baisse pourrait s’inscrire dans le temps.
     
  • Cependant, la crise n’a pas complètement altéré les projets d’investissement des Français dans de nouveaux véhicules. Ils sont ainsi plus de deux sur dix à envisager un achat dans l’année à venir et souhaitent ardemment l’aménagement de pistes cyclables pour considérer un passage à des mobilités plus douces pour l’environnement.

 

Retrouvez l'étude complète en cliquant ICI.