Infographie le budget mariage des français sofinscope by sofinco

A. Alors que 2022 semble l’année du retour à la norme dans l’organisation des mariages, la situation économique impacte fortement le budget mariage
 

  • En 2020, avec un peu moins de 155 000 mariages célébrés, le nombre de mariage a chuté de 31,2% du fait de la crise sanitaire. Un an après, en 2021, le nombre de mariages a bondi : +42% (soit 220 000 mariages), mais le niveau de 2019 n’a pas été retrouvé du fait des contraintes sanitaires persistantes (confinements, couvre-feux, jauges…)1. A l’approche de la belle saison, la hausse des demandes auprès des professionnels du secteur laisse présager un nombre de mariages record cette année (incluant les mariages initialement prévus en 2022 mais aussi les mariages des années précédentes qui ont dû être reportés)2. 41% des Français non-mariés envisagent aujourd’hui de sauter le pas un jour. Ramenés à l’ensemble de la population, ce sont 23% des Français qui déclarent vouloir se marier (stable depuis 2021).
     
    • L’intention de se marier progresse chez les jeunes français : 76% des non-mariés âgés de 18-24 ans ont pour intention de se passer la bague au doigt, soit 3 points de plus qu’en 2021.
       
    • Alors que les célibataires envisagent moins qu’en 2021 de se marier (33%, -7 points), ce projet est de plus en plus présent parmi les Français en couple mais encore non-mariés (55%, +8 points).
       
  • En baisse depuis 2 ans et atteignant son niveau le plus bas l’an dernier (50 invités), le nombre d’invités envisagé pour un mariage repart cette année à la hausse. Avec la fin des jauges, les Français ne dimensionnent plus leurs mariages à la baisse : ils estiment ainsi cette année que le nombre idéal de convives à leur mariage – s’ils devaient l’organiser demain – serait de 58 personnes. Même si ce nombre d’invités reste inférieur à ceux cités pendant toute la période avant-Covid, il évolue fortement : il s’agit de la plus forte progression enregistrée sur cet indicateur.
     
    • La hausse du nombre d’invités est plus marquée auprès des profils déjà plus enclins les années passées à recevoir davantage de convives : les jeunes de moins de 35 ans (79 invités, +13), les femmes (63 invités, +11), les foyers dont les revenus mensuels sont supérieurs ou égaux à 3500€ (65 invités, +14).
       
  • Logiquement, le budget prévu pour financer le mariage suit la même tendance. Evalué à 7 528€ l’an dernier pour 50 invités, il s’élève désormais à 8 888€ (pour 58 personnes), soit une progression de 1 360€ (+15%). Il s’agit du budget le plus élevé depuis le début du baromètre. Au-delà l’explication liée au plus grand nombre d’invités, les Français semblent prendre en compte l’inflation historique des prix en ce début d’année 2022. Selon l’INSEE, les prix à la consommation auraient augmenté de 3,6% en février 2022, après +2,9% le mois précédent. Pour la première fois depuis septembre 2008, cet indicateur atteint, et dépasse même largement, la barre symbolique des 3%, en attendant l'estimation définitive de l'Insee mi-mars3. Les dépenses qu’impliquent un mariage font d’ailleurs partie des principales raisons pour lesquelles une partie des Français y sont opposés : 23% des Français qui n’aspirent pas à se marier considèrent que ce sont des dépenses d’argent futiles (+2 points depuis 2021) ; il s’agit de la deuxième raison évoquée.
     
    • Les tendances observées en 2021 se confirment. Tout d’abord, les femmes prévoiraient encore un budget supérieur de près de 300€ à celui des hommes (9 039€ contre 8 719€). Il en va de même pour les personnes qui envisagent de se marier pour la première fois. Les Français en couple et jamais mariés anticiperaient un budget de 8 227€ tandis que les personnes divorcées l’estimeraient à 7 121€.

       
  • Afin de financer leur mariage, les Français miseraient encore plus qu’avant sur leur épargne. 57% l’utiliseraient comme source principale de financement (2 points de plus depuis 2021) ; 76% y auraient recours au global (+2 points). Les Français ont en effet massivement épargné depuis deux ans, ce qui leur permettrait de financer l’évènement, même avec un budget plus élevé. A fin octobre 2021, le surplus d’épargne des Français a atteint 187 milliards d'euros, soit une progression de 73 milliards en un an. Au total, l'épargne financière des ménages s'élève désormais à 293 milliards d'euros4. Le recours envisagé au crédit est pour sa part cité par près d’un Français sur trois : 29% se tourneraient vers cette solution pour financer leur mariage s’il avait lieu demain.
     
  • Si les Français envisagent un budget plus élevé pour leur mariage, ils revoient à la baisse depuis plusieurs années le budget alloué aux cadeaux pour un mariage auquel ils seraient invités. Entre 2019 et 2022, le budget cadeaux a diminué de 36€ et s’établit aujourd’hui à 134€.
     

B. Prêts à faire des concessions pour organiser un mariage plus vertueux, les Français ne semblent toutefois pas faire de l’aspect éco-responsable une priorité
 

  • Lorsqu’on leur demande s’ils seraient attentifs ou non à l’aspect éco-responsable de leur mariage s’ils devaient l’organiser demain, 75% des Français reconnaissent qu’ils n’en feraient pas une priorité. 41% pourraient le prendre en compte mais seulement si cela n’est pas un obstacle à leur mariage rêvé et 34% n’y seraient pas attentifs car l’essentiel est pour eux est de passer un moment inoubliable avec leurs convives. Finalement, seuls 23% en feraient une priorité.
     
    • Les jeunes français sont plus sensibles à l’aspect éco-responsable d’un mariage. 35% des 18-24 ans en feraient une priorité contre 21% des 65 ans et plus. Il en va de même pour les femmes : 27% y seraient sensibles vs 19% des hommes.
       
  • Cette frilosité s’explique par les contraintes perçues dans l’organisation d’un mariage éco-responsable. Pour preuve, quatre Français sur dix considèrent qu’il vaut mieux renoncer à organiser une cérémonie de mariage quand on souhaite organiser un mariage éco-responsable (43%). Tout d’abord, en termes d’organisation : pour 69% des Français, organiser un mariage éco-responsable est trop compliqué (21% tout à fait). Ensuite, se pose la question financière, d’autant plus dans le contexte d’inflation. 66% des Français estiment qu’organiser un mariage éco-responsable coûte plus cher qu’un mariage classique (24% sont tout à fait d’accord avec cette affirmation).
     
    • Les Français qui ont déjà assisté à un mariage éco-responsable en soulignent davantage les contraintes. 80% estiment que cela coûte plus cher qu’un mariage classique (14 points de plus que la moyenne) et 83% qu’organiser ce type de mariage est trop compliqué (14 points de plus).
       
  • Néanmoins, lorsqu’on propose aux Français une liste de concessions, ils semblent prêts à certains efforts pour organiser un mariage plus vertueux ; 86% des Français sont prêts à céder sur au moins un aspect… même si ce ne sont pas nécessairement les plus contraignants. Avec la prise de conscience sociétale sur l’impact de la production alimentaire sur l’environnement, les concessions qui paraissent les plus simples pour les Français concernent le repas de mariage. Six Français sur dix seraient prêts à choisir un traiteur éco-responsable (66%, 19% tout à fait) ou un champagne issu de l’agriculture biologique même s’il ne provient pas d’une grande Maison de champagne (61%, 24% tout à fait). Au-delà de ces compromis alimentaires, moins de la moitié des Français consentirait aux autres concessions. Ils auraient tout particulièrement du mal à planifier un voyage de noce à but humanitaire (23% pourraient l’imaginer) ou à choisir des alliances de seconde main (22% renonceraient à des alliances neuves).
     
    • Les femmes sont plus enclines que les hommes à accorder une place à l’environnement dans l’organisation de leur mariage. 91% d’entre elles seraient prêtes à au moins une concession (contre 80% des hommes). Cette différence s’illustre dans le choix de la tenue pour le jour J. 46% des femmes accepteraient de porter une robe de seconde main tandis que 36% des hommes feraient de même pour leur costume.
       
    • Logiquement, les Français les plus jeunes sont davantage disposés à faire des compromis que leurs aînés. Les écarts les plus marqués s’observent notamment sur les concessions liées à un engagement environnemental : choisir un organisme de financement pour son engagement dans des projets éco-responsables (53% des 18-24 ans seraient prêts à le faire contre 32% des 65 ans et plus) ou encore planifier un voyage de noces à but humanitaire (27% contre 17%).
       
    • Les Français de confession catholique – plus attachés à la tradition de la cérémonie – sont globalement moins soucieux de l’aspect écologique dans un mariage. La robe de mariée est l’élément sur lequel on transige le moins. 39% des femmes de religion catholique pourraient en choisir une de seconde main, soit 7 points de moins que la moyenne.
       
  • Une partie des Français seraient par ailleurs prête à offrir un cadeau éco-responsable aux mariés – probablement plus compatible avec leur budget réduit : 44% pourraient le faire. Attachés aux cadeaux, les Français évoluent progressivement toutefois : un tiers d’entre eux serait prêt à ouvrir une cagnotte pour une association plutôt qu'une liste de cadeaux de mariage (34%).
     

En conclusion, plusieurs grands enseignements se dégagent de cette étude :

  • Après un premier rebond en 2021 limité par des contraintes sanitaires persistantes, le nombre de mariages pourrait atteindre un niveau record en cette année 2022.
     
  • Libérés des jauges et des restrictions, les Français organiseraient leur mariage « comme avant », notamment en ce qui concerne le nombre d’invités envisagé. Dans ces conditions, ils prévoient un budget en forte hausse pour organiser l’évènement. A la hausse du nombre de convives s’ajoute un facteur économique incontournable : l’inflation.
     
  • Si les Français se montrent relativement ouverts à l’idée d’organiser un mariage éco-responsable, cette dimension n’est pas une priorité et ils ne sont pas prêts à faire des concessions les éloignant de l’idée festive qu’ils se font d’un mariage. Ils pourraient céder sur les aspects impliquant le moins de privations, qu’elles soient financières ou pratiques. Si cette tendance ne fait pas encore partie des habitudes des Français, elle pourrait prendre une plus grande place dans les prochaines années, les jeunes générations se montrant plus soucieuses d’organiser un mariage plus vertueux.
     

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