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Infographie le budget mariage des français sofinscope by sofinco

A. Malgré, une chute historique du nombre de mariages due aux contraintes exceptionnelles imposées par la pandémie, les Français aspirent toujours au mariage.
 

Le nombre de mariages a reculé de 225 000 en 2019 à 148 000 en 2020 (1). Ce fléchissement de 34% s’explique d’abord et avant tout par les interdictions et restrictions drastiques instaurées pour lutter contre la propagation du virus. Ainsi, la célébration des mariages a été proscrite pendant le confinement du printemps 2020, puis autorisée avec une limitation draconienne du nombre d’invités et le respect d’un protocole sanitaire très exigeant.

  •   Au-delà de ces contraintes pratiques, la situation générale, le port du masque et le respect des gestes barrières ont généré un contexte anxiogène aux antipodes de l’esprit même du mariage (pics de décès, distanciation sociale et vision de l’autre comme un risque, incertitudes liées aux vaccins, mise en veille des moments de convivialité…). Le virus a accaparé toute l’attention en 2020, comme en témoignent les recherches associées au mariage sur Google (2) (la Covid-19 monopolise le top 10).
     

Cependant, l’aspiration au mariage n’a pas disparu avec la pandémie. Un quart des Français envisage ainsi de se marier un jour (23%, soit 4 points de plus qu’en 2020). Cumulés aux 47% de Français aujourd’hui mariés ou remariés, c’est ainsi 70% de la population qui est mariée ou qui y aspire. Plus largement, les Français ont majoritairement confiance dans l’institution du mariage. Ils sont ainsi 59% à penser qu’elle ne va pas s’effondrer.

  • Le rapport entre les sexes s’est inversé cette année. Le mariage est un peu plus envisagé par la gent masculine que féminine (45% ; soit +10 points en un an, vs 42% pour les femmes, soit +5 points par rapport à 2020). Les hommes se montrent aussi plus confiants dans l’institution du mariage (62% estiment qu’elle ne pas s’effondrer vs 56% des femmes)
  • Les moins de 35 ans ont une posture ambivalente : ils sont à la fois les plus désenchantés à l’égard du mariage en tant qu’institution collective (51% pensent qu’elle va s’effondrer) et ceux qui y aspirent le plus à titre personnel (69% des jeunes non-mariés l’envisagent, soit 9 points de plus qu’en 2020). La part de 50 ans et plus à envisager de se marier a plus que doublé en un an (de 8% en 2020 à 18% en 2021). La Covid-19 a peut-être avivé leur conscience de la fragilité de la vie, suscitant l’envie de poser avec le mariage un acte officiel fort pour lui (re)donner du sens.
  • L’attractivité du mariage a puissamment augmenté chez les personnes seules. Un célibataire sur deux l’envisage (49%, soit 9 points de plus qu’en mars 2020). C’est également le cas d’une personne pacsée sur deux (52%, +15 points).
    •  Si une majorité de Français a confiance dans l’avenir de l’intuition du mariage, il n’en demeure pas moins qu’une certaine défiance à son égard persiste : 31% des Français qui n’envisagent pas de se marier l’expliquent par le fait qu’ils ne croient pas en l’institution du mariage, première raison évoquée. Un quart ne pense pas avoir rencontré la bonne personne pour cela (25%) ou se considère trop âgé pour un mariage (24%). Les implications financières de la tenue d’un mariage sont également un obstacle : 21% des personnes qui n’envisagent pas de se (re)marier avancent que ce sont des dépenses futiles. Cette position - qui culmine à 32% chez les moins de 35 ans écartant le mariage - peut refléter un sentiment de fragilisation économique avec la pandémie, avec les incertitudes sur l’emploi notamment. 
  • La Covid-19 et les semaines de confinement semblent ainsi avoir joué comme un catalyseur, amplifiant la situation des couples. La pandémie a ainsi exacerbé dans les mêmes proportions les envies de divorce (21% des personnes mariées n’ont jamais autant eu envie de divorcer de leur conjoint) et les envies de mariage (20% des personnes non mariées n’ont jamais autant eu envie de le devenir).
      

B. Un dimensionnement à la baisse des mariages, avec de plus petits cercles d’invités pour des budgets légèrement plus modestes
 

  •   S’ils devaient organiser un mariage, les Français se fixeraient en moyenne 50 invités, soit 12 invités de moins qu’en 2020 et le nombre le plus bas depuis le début des mesures en 2014. Il est probable que les Français s’auto-censurent, intégrant de manière naturelle les restrictions légales imposées en 2020 ou anticipant une hausse limitée du nombre de convives autorisé pour les périodes à venir.

    Les Français estiment qu’un mariage ainsi dimensionné représenterait un budget global de 7 528 €. Il s’agit de l’enveloppe la plus restreinte donnée sur ces 8 dernières années. Cette baisse de 142 € (-2%) vient confirmer la chute du budget observée en 2020.

     
    • Comme déjà observé en 2020 :
      • Les femmes se projettent sur un nombre d’invités légèrement supérieur aux hommes (52 vs 47)
      • Les moins de 35 ans convieraient davantage d’invités pour un budget un peu plus conséquent que les 50 ans et plus (respectivement 66 invités pour 7 684 € vs 39 invités pour 7 418 €)
      • L’enveloppe budgétaire allouée au mariage augmente avec les revenus mensuels du foyer (de 5 450 € pour les ménages composant avec moins de 1000 € à 9 405 € pour ceux bénéficiant de 3 500 € et plus). Les foyers les plus modestes ont réduit leur estimation du budget mariage par rapport à 2020 dans des proportions considérablement plus importantes que ceux aux revenus les plus confortables (baisse respective de -11% vs de - 4%)
         
    • De nouvelles tendances se dessinent en 2021 :
      • Les femmes avancent des estimations budgétaires bien supérieures aux hommes (7 856 € vs 7 169 €, alors que les montants donnés par les deux sexes en 2020 ne différaient que d’une centaine d’euros). Les femmes auraient davantage envie de compenser l’austérité de l’année écoulée ?
      • Se marier pour la première fois incite clairement à voir plus grand, avec davantage d’invités et un budget plus conséquent. Ainsi, les personnes en couple qui diraient ‘oui’ pour la première fois projettent 52 invités / 8 272 € de budget. En revanche, les personnes seules anciennement mariées (divorcées et veuves – 31 invités / 5 284 €) projettent un nombre d’invités et un budget bien plus restreints.
  • S’ils devaient faire des économies, les Français arbitreraient globalement comme les années précédentes, avec les mêmes priorités et les mêmes concessions. Ainsi, le photographe / cameraman serait le poste sur lequel les Français seraient le plus tentés de rogner (40%). Un sur quatre réduirait les cadeaux pour les invités (28%), la lune de miel (26%), le lieu du mariage (25%), la décoration (24%) et les tenues (24%). Au contraire, le repas, les boissons et le vin d’honneur restent des postes sanctuarisés : seul un Français sur dix envisagerait de réduire ces budgets de bouche. Ce trait socio-culturel français est certainement intensifié par la privation de moments conviviaux en 2020 avec la Covid-19 (fermeture des restaurants, interdiction / restrictions pour se recevoir).
       ​​​ 

C. Dans un contexte incertain, les Français ont du mal à se projeter en termes de solutions de financement pour un mariage
 

  • Les scenarios de recours aux différentes solutions pour financer un mariage sont tous en baisse, atteignant leur plus bas niveau depuis 2014. Cette tendance générale révèle la difficulté des Français à se projeter dans le contexte mouvant de la pandémie (recul de 7 à 15 points des intentions de recours, selon les solutions de financement testées).
  • Si l’épargne reste l’option la plus envisagée, elle a très nettement reculé par rapport à 2020. Elle est ainsi retenue par 74% des Français au total (par 55% comme premier choix) soit une perte de 11 points (et de 7 points comme premier choix) par rapport à l’année dernière.
    La pandémie a clairement complexifié son recours (fonte du capital disponible et / ou volonté de préserver son épargne pour faire face aux dépenses contraintes incompressibles compte-tenu des risques pesant sur l’emploi)
    • Comme en 2020, les moins de 35 ans envisagent moins cette solution (64%, 10 points de moins que la moyenne) et se tourneraient davantage vers l’aide familiale (59%, 12 points de plus que la moyenne) que l’ensemble des Français. 
  • La sollicitation des parents et des proches est la deuxième option la plus considérée mais elle n’est plus envisagée que par une petite moitié des Français (47%), soit un repli de 15 points par rapport à 2020.
  • Le crédit se classe comme la troisième solution la plus étudiée. Un tiers des Français (30%) s’y tournerait, soit 12 points de moins qu’en 2020. Une personne sur dix (8%) considèrerait cette solution en premier, une attitude en ligne avec celle observée l’année dernière (+1 point). Cette solution a l’avantage de permettre d’assumer seuls les frais de son mariage en maintenant son indépendance à l’égard de ses proches, évitant tout brouillage des liens affectifs avec des questions d’argent.
    • Les indépendants (44%), les foyers aux revenus mensuels de 2 000€ et plus (33%), les personnes pacsées (41%) et les 25-34 ans (36%) sont les profils qui penseraient le plus au crédit pour financer un mariage.
  • Enfin, le recours à des sponsors ou au financement participatif, solutions qui séduisaient chacune un tiers des Français en 2020, n’est plus envisagé que par un quart (25% et 24%).
    • Le financement participatif attire davantage les moins de 35 ans (30% y songeraient, ils ont grandi avec cette culture) et les ménages les plus modestes (29% de ceux ayant moins de 2000 € mensuels
  • Le financement participatif attire davantage les moins de 35 ans (30% y songeraient, ils ont grandi avec cette culture) et les ménages les plus modestes (29% de ceux ayant moins de 2000 € mensuels
     

D. Des Français majoritairement respectueux des règles et plus influencés par les risques financiers que sanitaires pour se rendre à un mariage
 

  • Un tiers des Français se déclare globalement disposé à enfreindre les règles du confinement pour un mariage (32% pour se rendre à une cérémonie et 30% à une fête). La propension à organiser un tel événement - et donc à en porter la responsabilité – est inférieure de quelques points (28% contreviendraient aux règles pour organiser leur fête de mariage et 27%, pour organiser leur cérémonie).
  • Le risque de sanction financière fait comparativement reculer davantage de Français que les risques sanitaires. Ainsi, l’amende de 135 € ferait renoncer les trois quarts des Français (74%) à se rendre à un mariage tandis que les risques sanitaires n’en dissuaderaient qu’une une large moitié. La circulation active du virus (61%) et plus de 30 invités (59%) découragent davantage que la non-vaccination (ne pas être soi-même vacciné est rédhibitoire pour 54% et le fait que tous les invités ne le soient pas fait renoncer 48%).
  • Les plus enclins à enfreindre les règles du confinement et à prendre des risques pour se rendre à un mariage s’avèrent les moins de 35 ans. L’âge est le critère qui porte le plus à la transgression des règles et à la prise de risques (tendance des moins de 35 ans à enfreindre les règles / prendre des risques de 11 points supérieure en moyenne à la population générale, sur l’ensemble des situations testées).

 

 En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements :

  • La chute historique du nombre de mariages est liée aux interdictions et restrictions exceptionnelles imposées pour contenir le virus. Les Français ne renoncent pas pour autant au mariage et une large majorité a encore confiance en cette institution.
  • Les incertitudes sanitaires et économiques portent toutefois les Français à dimensionner à la baisse cet événement, accentuant la tendance observée depuis plusieurs années. Ils envisagent ainsi des mariages en plus petits comités et avec des budgets plus modestes (estimations les plus basses depuis 2014).
  • Le recours aux différentes solutions pour financer un mariage est envisagé par moins de Français (mobiliser son épargne, solliciter ses proches, contracter un crédit ou recourir au financement participatif reculent ainsi de plus de 10 points en un an). Cette tendance générale souligne la difficulté des Français à se projeter dans le contexte actuel. Le manque de visibilité et la fluctuation des règles découragent manifestement le projet d’envergure et à forts enjeux du mariage.
     
  • Un tiers de la population, les moins de 35 ans particulièrement, serait enclin à enfreindre les règles du confinement ou à prendre des risques pour un mariage. Les sanctions financières dissuadent davantage de Français que les risques sanitaires. Ces indicateurs montrent la lassitude des Français et la puissance de la pulsion de vie après une année de vie sociale minimaliste.

     
    Retrouvez l'étude complète en cliquant ICI.