Valentine, une fille responsable

14 juin 2023

consommation

Valentine - une fille responsable : l’argent de l’indépendance
Lancer la lecture

Valentine - Jeune fille responsable cherche indépendance financière

Dans cet épisode de L’Argent proposé par Le Poste Général en partenariat avec Sofinco, il est question d’autonomie, d’âge adulte et de ressources financières. Suivons Valentine, 23 ans, tout juste diplômée qui n’apprécie pas de dépendre encore de son conjoint et de ses parents. Prendre son envol, oui, mais à quel prix ? Marie-Claude François-Laugier démêle pour nous la valeur affective de l’argent, ce qui se joue réellement quand les parents subviennent encore aux besoins de l’enfant en quête d’indépendance.

Un pied dans la fin de l’adolescence et l’autre dans les prémices de la vie d’adulte. Le moyen d’en profiter encore un peu pour certains et le moment de prendre enfin son indépendance pour d’autres. Valentine, 23 ans, fait clairement partie de celles et ceux qui s’impatientent. Bien qu’elle ait fait partie des 73 % d’étudiants français qui travaillent pendant leurs études pour augmenter leurs ressources (1), ses parents ne lui demandaient pourtant rien et avaient la chance de pouvoir la soutenir pendant cette période. Mais Valentine ne l’entend pas de cette oreille : d’accord pour bénéficier de l’aide parentale mais elle contrôle le coût de sa vie, résultat : un master à l’université plutôt que dans une école hors de prix, des étés à travailler, des loisirs avec parcimonie et un budget au cordeau pour ne pas “se trouver au dépourvu quand la bise fut venue”. Dépenser utile et de manière mesurée sera toujours plus facile en cas de coup dur (perte d’emploi, accident de la vie) plutôt que de changer de train de vie lorsque l’on n’a jamais fait attention à l’argent.

En couple et habitant sous le même toit que son compagnon, Valentine tient à payer sa part du loyer… financée par ses parents. Tordu ? Non, logique pour elle. Son conjoint travaillant, elle ne veut pas éparpiller sa dette auprès de plusieurs “créanciers”. Une dette idéologique puisque personne ne lui demande de rembourser l’argent qu’elle dépense mais elle préfère, pour l’équilibre de son couple, partager les coûts en attendant de pouvoir s’assumer seule. Comme elle s’impose cette discipline, difficile pour son compagnon de ne pas suivre le mouvement : dépenser 150 € en une soirée, plus jamais et il faut batailler pour l’abonnement à 10€ par mois sur une célèbre plateforme de VOD. Valentine juge qu’il sera difficile de le résilier si pour une raison ou pour une autre ils ne pouvaient plus le payer. Cernée entre la situation financière de son conjoint et l’aide de ses parents, Valentine se prend à rêver du jour où elle aura son propre salaire : la première dépense pourrait bien être un lave-vaisselle ! Eh oui, pragmatique un jour et responsable toujours ! Elle promet aussi de voyager, d’aller voir plus souvent ses parents et de s’offrir des petits plaisirs mais elle se décrit comme une “acheteuse intelligente”.

“Je me sens redevable alors je trouve ça normal d’expliquer à mes parents ce que j’en fais”. Elle concède ne pas noter les dépenses faites à la boulangerie parce qu’elles sont trop minimes mais autrement Valentine calcule, consigne et se justifie auprès de ses parents qui, là encore, ne lui demandent rien mais on peut penser qu’elle le fait avant tout pour elle-même. Une façon de mesurer le prix de leur sacrifice pour lui offrir, à elle et ses frères, une enfance insouciante et à l’abri du besoin. Les compromis du quotidien, l’épargne plutôt que la dépense futile, une vie de travail… Valentine honore les choix de ses parents en évitant d’avoir la folie des grandeurs avec un argent qui n’est pas le sien. Elle se sent redevable, sans doute un peu coupable mais surtout elle voudrait ne plus avoir à entretenir ce rapport à l’argent avec sa famille.

Marie-Claude François-Laugier, psychologue clinicienne et autrice du livre “Comment régler ses comptes avec l’argent ?” met en lumière l’ambivalence du lien entre Valentine et ses parents. “Elle est maintenue dans un système qui lui pèse inconsciemment”. Sa situation actuelle renforce la dépendance à sa famille alors qu’elle souhaite être autonome et totalement émancipée. Par ailleurs, Marie-Claude François-Laugier va plus loin en introduisant la notion de “dette de vie” que nous entretenons tous envers nos parents : nous avoir mis au monde, éduqué du mieux qu’ils le pouvaient, payé des études etc. Selon elle, Valentine est exactement dans cette période entre reconnaissance et indépendance. Vivre avec l’argent des autres est un dû pour certains, une gêne pour d’autres. Un sujet qui fait souvent débat entre Valentine et ses amis. Quand la plupart d’entre eux trouvent ça normal de demander de l’argent à leurs parents pour partir en vacances et autres loisirs, Valentine répond qu’il faut vivre selon ses propres moyens, une façon pour elle d’être sereine.

Découvrez d'autres actualités

Elise, une rentière qui bosse

Dans notre podcast sur l’argent, découvrez comment Elise qui a décidé de gagner de l’argent pour savourer sa liberté est aujourd'hui devenue une rentière qui bosse.

finance

Louis, un trader à toute heure

Découvrez dans notre Podcast sur l’argent, Louis, devenu trader après un plan de licenciement qui a changé sa vie.

finance

Jérémy, le minimaliste solitaire

Dans notre Podcast sur l’argent, découvrez le mode de vie de Jérémy, le minimaliste solitaire ! Décryptage d’un épargnant aux multiples facettes dont l’appât du gain semble avoir pris le dessus sur le luxe de la liberté.

consommation