Infographie sur les français et leur budget éco-rénovation

A. Les nouveaux modes de paiement, des solutions qui facilitent la consommation
 

  • Les Français montrent de l’intérêt pour le fait de consommer. Plus d’un interviewé sur deux déclare aimer faire des achats (52%) et seuls 11% rejettent complètement cette idée. Cependant, ils font état d’un budget contraint, qui les empêche de répondre librement à leur envie de consommer. Pour les trois quarts d’entre eux, réaliser des achats onéreux demande un effort financier (75%, 31% estiment que cela leur correspond très bien). Pour pallier ces difficultés, l’anticipation est de mise : 76% économisent plusieurs mois à l’avance avant de réaliser une dépense importante. Néanmoins, malgré cette solution, une proportion non-négligeable de Français abandonnent certains projets d’achat : 61% déclarent renoncer régulièrement à des achats car ils n’en ont pas les moyens (23% estiment que cette affirmation leur correspond très bien).
     
    • Les Français dont les revenus sont les plus modestes (leur foyer gagne moins de 2000 euros/mois) témoignent des difficultés les plus importantes. 82% avouent que réaliser des achats onéreux leur demande un effort financier (7 points de plus que la moyenne) et 72% renoncent régulièrement à des achats faute de moyens (11 points de plus).
       
    • Les Français qui remboursent actuellement un crédit à la consommation reconnaissent également l’effort financier qu’impliquent les dépenses importantes (88%, 43% correspond très bien), ce qui peut être à l’origine de leur souscription à ce type de crédit.
       
  • Les facilités de paiement désignent aussi bien les paiements en plusieurs fois avec ou sans frais, les paiements différés ou encore le crédit à la consommation. Ces solutions, auxquelles ont au moins ponctuellement recours 58% des Français, leur permettent de consommer tout en soulageant leur budget. Pour six Français sur dix, elles permettent de mieux gérer les dépenses imprévues (62%), d’acheter des produits de première nécessité que l’on ne pourrait pas payer autrement (58%) et d’acheter des produits de meilleure qualité (56%). 61% des Français considèrent ainsi que tous les magasins, physiques et en ligne, devraient proposer des facilités de paiement et 42% déclarent préférer les magasins ou les sites internet qui en proposent lorsqu’ils font des achats. Au-delà du bénéfice personnel, les Français voient un intérêt des facilités de paiement pour l’économie française dans le contexte de crise sanitaire : 66% estiment qu’elles sont un moyen de relancer l’économie.
     
  • Aujourd’hui, les facilités de paiement sont essentielles au quotidien (12%) ou au moins nécessaires (18%) dans les périodes de grandes dépenses pour un Français sur trois (30%). Au global, 35% des Français ont eu recours à une facilité de paiement au cours des six derniers mois. Ils privilégient avant tout les paiements en plusieurs fois sans frais : 26% y ont eu recours au cours des 6 derniers mois contre alors que seulement 11% ont financé un achat avec un paiement en plusieurs fois avec frais, un paiement différé ou encore un crédit à la consommation. Ce type de paiement, moins contraignant et moins engageant que d’autres, est perçu comme plus rassurant. 72% des Français déclarent par exemple que le paiement en plusieurs fois leur fait moins peur qu’un crédit à la consommation.
     
    • Les facilités de paiement sont particulièrement importantes pour les Français les plus jeunes : 19% des Français âgés de moins de 35 ans déclarent qu’ils ne pourraient pas vivre correctement sans ces modes de paiement. Ils y ont recours de manière régulière, 44% au cours des six derniers mois.
       
    • Les Français qui gagnent moins de 2000€ par mois se tournent également vers les facilités de paiement (39% au cours des six derniers mois), notamment le paiement en plusieurs fois sans frais (30%). Il en va de même pour les Français ayant des enfants parmi lesquels 34% ont eu recours à un paiement en plusieurs fois sans frais au cours des six derniers mois.
       
  • Parmi les autres nouveaux modes de paiement, les paiements dématérialisés (applications de paiement en ligne mais aussi paiement sans contact par carte bancaire ou via mobile) ont également trouvé leur place dans les modes de consommation. Ils sont devenus une habitude au quotidien pour plus de six Français sur dix (62%). Dans les faits, 86% des Français ont utilisé au moins un paiement dématérialisé au cours des 6 derniers mois et il s’agit avant tout de paiements sans contact (81%). Les autres modes de paiement dématérialisé, s’ils doivent encore se démocratiser, ont néanmoins déjà conquis un large public. Les applications de paiement en ligne (Paypal, Lydia, Pumpkin…) ont été récemment utilisées par près d’un Français sur deux (46% au cours des six derniers mois) et le paiement sans contact avec une application mobile (ApplePay, Paylib…) par 18%.
     
    • Les différents types de paiement dématérialisé sont plus répandus chez les jeunes français. 71% des Français de 18 à 24 ans ont déjà utilisé une application de paiement en ligne (contre 55% des 35 ans et plus). Mais c’est surtout sur le paiement sans contact avec une application mobile que l’écart est le plus important : ils sont 49% à y avoir déjà eu recours, soit 30 points de plus que les personnes âgées de 35 ans et plus.
       

B. Les nouveaux modes de paiement, une incitation à consommer plus ?
 

  • Si les Français voient les facilités de paiement comme une aide pour les périodes difficiles, ils perçoivent des inconvénients à ces modes de paiement. En premier lieu, elles poussent à réaliser des dépenses superflues : pour 66%, elles incitent à acheter des produits dont on n’a pas besoin (26% tout à fait). Par ailleurs, six Français sur dix estiment qu’elles rendent plus difficile le suivi des dépenses (62%, 22% tout à fait).
     
  • Les Français restent attachés aux modes de financement plus classiques pour leurs achats. Lorsqu’on les interroge sur les raisons pour lesquelles ils ne seraient pas intéressés par le recours à des facilités de paiement, plus d’un tiers des Français déclarent qu’ils préfèrent économiser tous les mois pour financer leurs achats (36%). Les personnes qui pourraient se passer des facilités de paiement (28% des Français) ou ne les utilisent jamais (41%) – et qui n’en ont donc pas besoin pour des achats de première nécessité – évoquent notamment cette raison (respectivement à 38% et 43%).
     
  • Permettant d’étaler ses dépenses, les paiements en plusieurs fois semblent aussi favoriser des achats aux montants plus importants. Un Français sur deux serait en effet prêt à payer plus cher un produit ou service s’il avait la possibilité de payer en plusieurs fois (49%). Néanmoins, seuls 10% déclarent qu’ils seraient prêts à payer beaucoup plus cher, la plupart optant pour un montant un peu plus élevé (39%). Et cela se confirme lorsqu’on les interroge sur les montants qu’ils pourraient allouer à des achats en une fois et en plusieurs fois. Pour chacun des produits testés, le montant que les Français dépenseraient en plusieurs fois est systématiquement plus élevé que pour un paiement en une seule fois (aux alentours de +14% pour la plupart des biens concernés), mais le budget complémentaire ne dépasse pas la centaine d’euros : il va de 50€ pour un smartphone (316€ en moyenne en une seule fois contre 366€ en plusieurs fois, soit un écart de +16%) à 103€ pour un canapé (787€ en une seule fois vs 890€ en plusieurs fois, soit +13%). Seule exception, les installations de chauffage, plus onéreuses, pour lesquels le budget complémentaire en plusieurs fois est de 325€ (2262€ contre 2587€, soit +14%).
     
    • Les Français qui sont familiers des paiements en plusieurs fois, et qui en voient donc les bénéfices, sont les plus enclins à avancer des budgets plus importants pour ce type de paiement : 72% de ceux qui ont eu recours à un paiement en plusieurs (avec ou sans frais) au cours des six derniers mois sont ou seraient prêts à dépenser plus, 25% beaucoup plus.
       
  • Les montants dépensés font ainsi partie des principaux freins au recours aux facilités de paiement. Un Français sur quatre ne serait pas intéressé par le recours à des facilités de paiement car il aurait peur de dépenser plus qu’il ne le devrait (25%) et appréhende le montant des intérêts (26%). Par ailleurs, 18% craignent de ne pas avoir les moyens de rembourser toutes les mensualités.
     
    • Les Français qui ont peu recours aux facilités de paiement expriment davantage la crainte des écarts de budget. 31% de ceux qui déclarent qu’ils pourraient s’en passer ne s’intéresseraient pas aux facilités de paiement par peur de dépenser plus qu’ils ne le devraient (6 points de plus que la moyenne) et 30% parce qu’ils appréhendent le montant des intérêts (4 points de plus).
       
  • L’appréhension liée à la maitrise du budget concerne également les paiements dématérialisés. 54% des Français déclarent qu’on perd la valeur de l’argent avec ce type de paiement et 44% ont le sentiment de moins bien contrôler leurs dépenses. Les relevés instantanés des paiements dématérialisés via son mobile (ApplePay, Paylib…) sont une première solution pour un meilleur suivi des dépenses : 47% les trouvent plus adaptés que les relevés mensuels.
     
  • Au-delà de l’impact financier sur le budget des Français, les facilités de paiement et les paiements dématérialisés auraient un impact sociétal. 59% des Français considèrent en effet que les nouveaux modes de paiement ont un impact négatif pour l’environnement, en incitant à la surconsommation, tandis qu’ils ne sont que 38% à y voir un impact positif grâce à des pratiques plus responsables.
     
    • La perception de l’impact négatif des nouveaux modes de paiement sur l’environnement est majoritaire au sein de la plupart des catégories de la population. Néanmoins, les Français qui y ont le plus recours se montrent plus positifs : 49% des moins de 35 ans considèrent que ces modes de paiement ont un impact positif pour l’environnement (contre 35% parmi les 35 ans et plus) de même que 48% des personnes avec enfants (contre 34% parmi ceux n’étant pas parents).

       

En conclusion, cette édition du Sofinscope a fait émerger plusieurs grands enseignements :

  • Les différentes éditions du Sofinscope réalisées depuis le début de la crise sanitaire font état de difficultés financières ressenties par les Français. Si le report des achats et l’anticipation sont une solution, de nombreux Français renoncent à certaines dépenses faute de moyens. Au-delà du classique crédit à la consommation, d’autres facilités de paiement sont aujourd’hui disponibles pour soutenir la consommation des Français (paiements en plusieurs, paiement différé…). Les Français perçoivent les bénéfices de ces nouveaux modes de paiement pour leur budget et la qualité de leurs achats.
     
  • Les nouveaux modes de paiement font partie des habitudes de consommation des Français. Le paiement sans contact est désormais un réflexe pour une large majorité d’entre eux et d’autres types de paiements dématérialisés, quoique se développant encore chez l’ensemble de la population, sont utilisés par les jeunes français, pionniers en la matière.
     
  • S’ils sont des facilitateurs du quotidien, les nouveaux modes de paiement peuvent avoir un impact négatif sur le budget des Français à long terme, ces derniers s’inquiétant d’une potentielle perte de contrôle de leur budget. En étalant les dépenses, les facilités de paiement incitent à allouer des budgets plus importants aux achats, sans garantie que les capacités de paiement des Français resteront au même niveau. La crise sanitaire et les incertitudes professionnelles qu’elle a engendrées ont pu nourrir ces craintes.
     
  • Par ailleurs, à l’heure où les tendances de la consommation sont à la seconde main, à l’économie circulaire et à la sobriété, les nouveaux modes de paiement sont perçus comme allant à l’encontre de ces tendances, en favorisant la surconsommation.
     

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